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 [écrits, poèmes] Kirjava

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Kirjava
Grande Reine du flood et du Nutella...
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Dim 18 Fév à 0:01

-Désir de Soumission-
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larmesdesang
Affronte les tenèbres
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Dim 18 Fév à 7:29

Et voila un autre talent grand dieu je ne saurais écrire aussi belle littérature. En vous inspirant de la vie en général vous en faites un véritable livre de nouvelles de style c'est magnifique fleur1
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Kirjava
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Dim 18 Fév à 10:30

Je suis très flattée scheu1
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Bathorya
Comtesse Sanglante
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Dim 18 Fév à 14:39

S'il te plaît, ne t'arrêtes pas !
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Saulz
Guerrier tragique
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Dim 18 Fév à 16:26

Je pris temps de lire quelques œuvres, celles de cette page néanmoins.

Le réveil de l’humanité : Oua ! Tu sais que tu est une habile poète ?! j’aimerais commenter davantage, mais je ne sais trop quoi dire face à ce texte si … imagé … beau … et triste. Non seulement les texte est très imagé, mais d’autant plus tu as le mérite de faire les rimes. Bravo ( je t’envie un peu pour ça tu sais ?) L’horticulteur en moi à eux un petit faible pour les métaphores florales, je l’avoue bien. En ce qui attrait au texte à Gaya, quel défi tout de même de décrire les sentiments d’autrui ! L’effet est très réussi. Très belle plume ma chère Kirjava ! Continuez d’en faire usage !

En ce qui concerne désir de soumission … dommage qu’il soit flou …

Merci en passant d’enrichir un peu mon vocabulaire Smile
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Lun 19 Fév à 23:47

Kirjava a écrit:
Pour Gaya,
Hii, voici qui est plaisant...
Alors, voyons plutôt.
* il lit *
Ah, tout de même, en effet...
C'est ... bon, euh...
* il réfléchit *
Te lire me redonne à nouveau l'envie d'écrire. Tu me montres qu'il y a encore beaucoup à faire, et à explorer. Alors, ton texte, là, il me donne envie de pousser plus loin mes écrits. Je t'en remercie.
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Kirjava
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Jeu 22 Fév à 19:06

Gaya? Ca te convient? Ca te convient comme écrit. T'as vu, il est ... heureux.
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Ven 23 Fév à 10:47

Kirjava a écrit:
Gaya? Ca te convient? Ca te convient comme écrit. T'as vu, il est ... heureux.

Bien, en fait, je me rend compte que ça doit être vraiment très très dur pour toi d'écrire quelque chose qui puisse sembler heureux. Alors, oui, le mot heureux apparrait, il doit bien y avoir un petit peu d'espoir caché quelque part, mais l'ensemble ne me parrait pas si heureux que ça quand même. C'est joli, certes, mais heureux... Ton personnage l'est sans doute, malgré sa douleur. Peut-être dois-tu apprendre toi-même ce qu'est être heureux (même un peu) avant de pouvoir écrire dessus ? Je ne sais pas. Personnellement, je frissonne quand je te lis. C'est de la joie que je ressent, mais de la à dire que c'est "heureux", je ne sais.
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Kirjava
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Ven 23 Fév à 13:00

Arf ça m'énerve...

Surtout que ça ... Je ne sais pas. Je ne me trouve pas si malheureuse, si désespérée. Alors pourquoi ais-je du mal? C'est vrai que je ne suis pas particulièrement heureuse en ce moment. Mais après? Avant? ... C'est étrange.
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Anatheme
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Dim 25 Fév à 0:20

Chere Kirjava

Je ne peut qu'applaudir ta prose!! Le reveil de l'humanite est carremment epoustoufflant et bouleversant!! bravo! continue comme ca c'est tres prometteur. j'adhere a bloc! icon117
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Kirjava
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Dim 25 Fév à 13:45

Merci ^^

Le Mouchoir et la Lame m'ayant conseillé d'écrire le plus naturellement possible. Voici un très imparfait poème à retravailler, mais qui - peut-être - sera meilleur que les précédents.

Le Reflet

L'objet qui, pour moi, est le plus étrange
Offre à mes yeux de placides images
Si l'aube et la lumière ont explosées
Telles des rayons de soleil sans ombrages,
Eclaircies nouvelles prêtent aux louanges.

Et il se joue bien de ma triste tête,
De mes yeux verts, en amande, devant lui
Quand ma colère est à son apogée;
Le remous d'un bon bain d'après midi.
Et il se joue bien de ces yeux sans fête.

"Miroir, ô mon beau miroir," murmurais-je
"Pourquoi jamais je ne vois, dans ton néant
Le dessin de mon être, et mes pensées?
Chaqu' heure, tout me semble différent,
Qui vois-je, Miroir, quand saurais-je?"

Par les fenêtres, la nuit s'élançant,
Mon corps fut dévoilé face à l'objet
Qui put comtemplé ma peau ensablée,
Le vêtement noir, le foulard coquet:
La lingerie d'un esprit aimant.

"Sotte, Demoiselle, sotte tu es!
Soulève ce voile de tes pupilles!
Ne vois-tu pas ton âme déguisée?
Oui, c'est elle, celle qui chéri ta vie.
Le Je suis se trouve dans ton reflet..."
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Le mouchoir et la lame.
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Lun 26 Fév à 2:24

Diantre, de quelle responsabilité vous me chargez là !


Vos poèmes me donnent toujours l'impression qu'il me faudrait une vie pour les comprendre, pour saisir tout ce qu'ils ont à dire.
C'est un peu comme ce vers de Corneille "Devine si tu peux, et choisis si tu l'oses". Ce ne suis jamais sûr de savoir ce qui échappe à ma lecture, et jusqu'où c'est involontaire, jusqu'où je "choisis" de ne pas entrer dans votre univers torturé, troublant, et intense. A chacun de vos textes on se voit proposer un abime, et vous avez l'art, vraiment, d'en rendre la profondeur et le mystère.

Il y a aussi une sorte d'équivoque, souvent, à divers dégrés. (moins dans ce dernier). Quelque chose de très... gothique, finalement (cette association est sans doute bien téméraire, mais je ne sais comment le traduire autrement). Une sorte d'étude consciencieuse du mal -celui qu'on donne, qu'on subit, qu'on observe, qu'on refuse ou qu'on accepte- avec un narrateur interlope qui se fond dans la lumière aussi bien que dans l'obscurité. Il y a comme une candeur égarée dans cette torture de l'âme, comme un lierre brisé rampant parmis les ronces, une forme d'innocence, de douceur, étroitement mêlé à des craintes sordides, une gentillesse naturelle qui semble accompagner la perversité parfois plus que la combattre. Votre oeuvre à un goût d'universel surprenant, et ce clair-obscur, à la fois déchirement et fusion, me semble porteur d'une vérité que l'esprit n'ose accepter.
Il y a comme une fascination objective du sombre (sans doute ce qui me faisait dire "gothique"), et j'incline parfois jusqu'à y sentir une forme complexe d'optimisme qui irait chercher le beau, ou au moins l'espoir, jusqu'au coeur du laid le plus évident.



-En fait vous lire échappe à l'analyse, c'est une descente à tâton, et toujours enrichissante.
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Kirjava
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Lun 5 Mar à 19:01

Citation :
Vos poèmes me donnent toujours l'impression qu'il me faudrait une vie pour les comprendre, pour saisir tout ce qu'ils ont à dire.
C'est un peu comme ce vers de Corneille "Devine si tu peux, et choisis si tu l'oses". Ce ne suis jamais sûr de savoir ce qui échappe à ma lecture, et jusqu'où c'est involontaire, jusqu'où je "choisis" de ne pas entrer dans votre univers torturé, troublant, et intense. A chacun de vos textes on se voit proposer un abime, et vous avez l'art, vraiment, d'en rendre la profondeur et le mystère.

Peut-être que cela tient du fait que moi-même, en me relisant, je me demande bien de quoi il s'agit, qu'est-ce que je raconte, dans quel état étais-je?
Voilà où je suis fascinée par l'écriture c'est de son mystère, de sa complexité, sa fluidité, ses images, sa beauté...Oh! Tant d'autres choses. Et quand moi même, je suis manipulée par ma plume, je me soumet à mes pensées... Voilà. Alors je répondrai "Choisis, choisis, vive la multiplicité".

Et pour le reste... Est-ce voulu? Est-ce que ce mélange de puérilité melé au sombre n'est pas ce que je suis? Et même, cette image est attirante, telle une enfant-pute (pardonnez-moi l'expression), celle qui a trop grandit, celle qui est fragile et forte...
Non pas que je me considère ainsi, mais je me cherche...
Et répondre à tout ça est plutôt complexe, je me demande si dans mon écriture une forte partie de moi même n'y est pas ancrée et que je ne suis pas capable de la trouver. Patience.

Merci beaucoup! Excusez-moi de ne pas répondre de suite à vos nouveaux écrits, j'essaye de me réadapter au forum, après une (longue, longue, longue) semaine d'absence.
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Sam 10 Mar à 20:52

-Muse Florale-

Drappée de roses rouges, passion,
Lys blancs, orchidées ensoleillées
Et sa peau est craie;opale;lactée.
Nue beauté, crinière de lion

Toi la meurtrière de papillons;
La perversité que tu as caché
Derrière ta pureté nacrée
Je ne vois qu'en toi manipulation.

Ô Muse, tu as fané tant de fleurs
De ta beauté n'est resté que noirceur :
Cette malédiction où je m'enfonce

Et te perdre me fut un crève-coeur
Célèbre rituel de mon malheur.
Toi, nue, je te couvrirais de ronces.


26 février 2007
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Kirjava
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Mar 20 Mar à 18:49

Me voilà dans ma chambre, dico à la main, en train de regarder la signification de quelques mots fort présent dans mes écrits. Je me sens vide d'imagination à ce moment mais j'ai besoin d'écrire, alors je réécris ces définitions... Et puis mon imagination s'emballe... Il faut bien trouver un titre, je n'ai rien de plus original. Certain ne seront peut-être pas d'accord avec cette affirmation, c'est que je n'ai pas assez approfondi le personnage pour laisser cette conclusion, excuses d'avance.


-Le Masochiste-




Le bonheur est un état de satisfaction et de plénitude.
Quelqu’un d’heureux jouit du bonheur.
La souffrance peut-elle emplir l’humain de bonheur, peut-il en être heureux ? La souffrance est une douleur morale ou physique. La douleur est une sensation pénible, désagréable ou une tristesse profonde. La douleur peut satisfaire un homme.
Un masochiste. Cela ne veut pas dire qu’il est heureux. Comment peut-on jouir de la douleur ? Comment le désagréable devient agréable ?

Il est là, dans ce coin de mur, recroquevillé. Ses bras cachent son visage. Son corps est contorsionné à chaque son émit. La lune, à travers la fenêtre éclaire d’une lumière bleutée et grise le mur blanc, taciturne. Il pleure. Ses longues mains grises sont posées sur la touffe noire de cheveux qu’il possède. Devant lui se trouvent quatre dessins, sur le parquet assombri. Quelle heure est-il ? Quel jour est-on ? La nuit n’a jamais parut si poignante, si acide. A quatre heures dans le noir, le ton n’est pas gai : il est froid et douloureux. Douleur, la voilà présente depuis si longtemps. Il n’avait pas cinq ans qu’elle commençait déjà à l’attraper, le mordant et pénétrant en lui. Le serpent et le venin. La douleur physique n’est pas inférieure à la douleur morale : elles ne se séparent jamais. Il n’avait pas cinq ans ; il en avait quatre et un enfant venait de lui assassiner un œil. Jeu puéril qui termina à l’hôpital. Le compas était entré dans sa pauvre prunelle, le sang s’était écoulé, un liquide à la couleur écarlate, hypnotisante, envoûtante. Il coula en se mêlant aux larmes de douleur. Larmes de sang. De son autre œil, son dernier support visuel, il fixa le meurtrier. Quelle sordide image que ce gamin, cet enfant, pleurer son œil crevé, ensanglanté, mort. Un ange de douleur.
Le dessin le plus sinistre était, colorié en gris, l’ongle d’un index perçant un œil. S’y échappait du sang. Beaucoup de sang. Il avait vécu ça comme un étouffement et la lutte la plus infernale. Il avait perdu un de ces trésors bleus. Une partie de lui-même, de ce petit garçon, était morte. Une partie d’innocence. Une partie d’amour. Pourquoi ? Son corps le trahissait. Mal dans sa peau, dégoûté. Une envie de vomir lui resserrait la gorge, il était révulsé. Révulsé de lui-même, et de ses parents si tristes, et de ces infirmières en pitié, et de son institutrice peinée, et de ces enfants dégoûtés. Non ! Il cassa le miroir de sa chambre avec son poing, après s’être regardé une fois de trop. Et il vomit, enfin. Il venait d’avoir cinq années de vie. Le petit lustre macabre. Toute la nuit, il fut malade. Toujours auprès d’un père et d’une mère inquiets et attristés.
Il était maintenant là, exténué d’avoir dessiné depuis l’aube, d’avoir trop pleurer. Ce dessin venait de le condamner à ne plus jamais se regarder.

Hier, il avait quatorze ans, aujourd’hui, il en a trente. Ce passé si décisif dans sa vie. Combien de dessin de son œil avait-il tracé ? Combien de fois avait-il pleuré en le dessinant ? Cet acharnement était pour certain un don du Ciel, c’était un artiste déjà torturé par le mal-être. Il ne dessinait pas que son œil mort. Il ne dessinait pas que sa perte. Il ne dessinait pas toujours les traits, les lignes, les coloriages qui le mutilaient intérieurement. A ses quatorze ans, son talent pour l’anatomie humaine fut confirmée comme son éternelle et ambiguë histoire avec la douleur. Il découvrit le corps d’une exquise jeune fille. Ses cheveux effleurant son visage, sa main, son souffle dans son cou qui, en intercours, lui glissa : « Dessine moi ».
Ils se rendirent après le collège dans une vieille maison détruite, abandonnée. Il s’assit. Elle resta devant lui, regardant obstinément son œil éteint. Il installa ses feuilles, ses crayons, un fusain, de l’encre de chine. Il la regarda, elle soutint ce regard muni d’un seul iris, bleu acier. Commençant à ôter sa jupe avec lenteur, elle lui dit : « Quelle position ? »
-La plus pure.
Elle déboutonna son chemisier, tête baissée. Ses yeux fixaient le sol. Elle était maintenant en lingerie, dévoilant de longues et fines cuisses, habillées de jarretelles, et un buste à couper le souffle. Elle s’avança vers lui pour demander un dessin de nu qu’il avait déjà fait. Son anatomie, à lui. Elle observa l’œuvre, dominante.
-Tu es prêt ?
Elle défit son soutien gorge et enleva ses bas. Nue. Face à lui. Il commença par quelques croquis, fit des gros plans de son corps, son ventre ou sa gorge. Ensuite, il esquissa ses jambes. Elle était debout, la tête penchée sur le côté, ses longs cheveux auburn cachant son visage. Il commença par ses épaules, ses clavicules. Quelques traits laissant signifier la poitrine. Le téton gauche, foncé par le crayon, repassé au fusain par après. La gorge mise en évidence, relâchée, désireuse. Son ventre de femme, son ventre de fille. Ses longs bras pâles furent l’objet d’un travail excessif… Il se remplissait de désir, il y vit la perfection, la plénitude et l’érotisme. Il l’aima. Comme elle aima s’être découverte, se faire découvrir, être analysée d’une façon si tragique. Comme elle l’aima.
Il acheva. Elle s’avança vers lui, passa une main sur son dos, laissant ses cheveux lui tomber dans le visage qu’il huma avec délectation, son souffle lui caressant la nuque. Comme elle, il se retrouva nu, brûlant. Elle lui mordit l’épaule, il lui pinça le sein. Sa main gauche caressa son ventre si doux. Elle se laissa couchée sur le vieux sol de pierres poussiéreuses. Elle frissonna, dos au sol – ou au plafond, elle ne faisait pas attention. Il s’agenouilla sur elle et l’embrassa avec fougue. Baisa son cou, son ventre, son sexe. Il se posa sur elle, lui tenant les hanches. Et ces deux enfants furent unis.
Cet amour dura des mois jusqu’à ce qu’elle lui fasse ses adieux. Adieu à mes portraits, adieu à ton unique œil, adieu à tes baisers.
Douleur assassine et aussi qu’exquise qu’elle. Il la cultiva, l’adorant comme si elle était l’unique souvenir d’elle.

Le deuxième dessin était deux corps enlacés dans une vieille maison, deux corps brûlant. Petit détail insolite, le corps du garçon était enchaîné. Ce dessin était d’autant plus malsain qu’à y regarder de près, ce n’était pas deux fougueux adolescents qui découvraient l’extase mais un petit garçon et une petite fille.
Toujours dans son coin, il songea à cette fille qui l’avait tant aimé, qu’il avait tant aimé… Il songea à son passé, au jeune homme ne portant que des cicatrices encore, malgré le temps qui passe, douloureuses et lui laissant un amer goût au fond de la gorge. Connaître l’éphémère bonheur et s’y contenter, telle aurait du être sa démarche. Mais c’est après son départ qu’on se rend compte à quel point la vie paraissait belle. Tels des insectes avides de chaires et de plantes, vers, cloportes, fourmis grouillant dans son esprit ; son désespoir revenant régulièrement et laissant la démangeaison pour signifier qu’il n’était partit que pour un petit temps.
A seize ans, alors qu’il nourrissait encore l’espoir de retrouver celle qu’il avait adoré, on lui apprit sa mort.
Violence, amie, brasier continu dévorant les entrailles des maudits, elle vint à lui . Peut-on imaginer sa détresse ? Son vide ? Sa douleur si intense, si poignardante, si lancinante ? Il voulut mourir. Et ce mal persistant à lui fracasser la tête invisiblement allait être visible. Du sang ! Du sang ! Oh oui, du sang ! Son crâne fracassé. Son cerveau en bouillie. Plus besoin de souffrir. Plus besoin ; il suffisait de mourir.

C’était un beau soir de pluie. Quand l’air moite et humide ne peut être plus pénétrant. Lorsque la pluie, plutôt que de nettoyer de quelques impuretés le plus laid des personnages, elle l’accable d’un poids insupportable. Et tel un fou, il sortit vers une heure du matin en chemise pour s’affaler sur le goudron d’une rue où il espérait perdre la vie. Il attendait une voiture qui roulerait sur sa pauvre tête pleine de peines, de chagrins et d’amour perdu puisque la pluie ne pouvait le panser de ses affreuses blessures, il allait vaincre sa souffrance. Pleurant, sanglotant et hurlant dans la flaque d’eau, il frissonna, impuissant au drame qu’était sa vie. La délivrance arriva mais plutôt que de lui enlever toute la masse de malheurs collée sur son organe amoureux, les phares de la voiture l’effrayèrent, il pleurait toujours, il pleuvait aussi. Les freins crissèrent, endolorissant ses pauvres tympans. Combien ? Un mètre ? Soixante-quinze centimètres ? Juste des vulgaires mesures non parcourues qui lui ont sauvées la vie. Un homme sortit de la voiture et vit qu’un jeune homme borgne, suicidaire et malade, était couché, paralysé de froid, trempé. Il le prit et l’emmena chez lui. Il réchauffa le garçon avec un thé et lui proposa de coucher chez lui. Son œil bleu gris remercia du regard cet homme qui lui offrait l’hospitalité et y vit qu’un désir s’était embrasé indécemment dans son regard. Et une fois couché, il ne s’étonna pas que l’homme vienne le chercher, le déshabille et lui fasse quelques préliminaires. Et ce désir s’inséra dans son corps, dans sa tête. Violence, il l’appelait. Violence ! L’homme le sodomisa. C’était brutal, ça faisait mal, ça semblait malsain. Et ça lui fit du bien.

L’un des quatre dessins n’était que quelques vaguelettes bleues représentant l’océan bleu marin. Un océan déchaîné comme ses sentiments. Comme la violence qu’il éprouvait envers lui-même et qui devenait furie dans une prison bétonnée.
Veines pétées, animaux tués, sodomisations, relations fusionnelles et extrêmes, boîtes de nuit et alcool fort. Dessin lui rappelant son passé qui avalait tel un boa constrictor le présent à chaque seconde.


Dernier dessin, image de lui-même, recroquevillé dans un coin, contre des murs gris et ternes. Image d’un masochiste. Image du souffre douleur du Destin, le pieux s’enivrant des coups de son bourreau.
Où est le bonheur ?

Le 28 février 2007,
Kirjava.
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Mer 21 Mar à 10:47

Merci.


J'ai pleuré en te lisant, sais-tu ?
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Kirjava
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Mer 21 Mar à 15:49

Tu as pleuré en lisant cet écrit? Ne t'inquiète pas, je viens de mettre ton premier poème sur Microsoft pour être plus aisée pour le lire. Je m'y met.
Tu sais, je n'ai pas envie de faire pleurer...
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Mer 21 Mar à 15:51

C'est d'émotion contenue, alors, tu peux plutôt en être fière.
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Kirjava
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Sam 14 Avr à 1:53

Pas fatiguée... pas fatiguée...


Je sens le tabac qui s'est déposé sur ma peau, léger mais assez accentué pour que mes narines frémissent. Je ne danse plus : j'ai mal au dos. Comme une vieille. J'ai eu mon anniversaire. Je ne voulais pas. Comme une vieille. D'ailleurs, il était pittoyable; une classe amnésique et l'obligation forcée des parents pour que l'annif se passe bien.
Je refouilles de vieux cahier; folie des tables de multiplications par 1 et 2, cinq lignes d'une histoire; dessins et réflexion catholique d'un certain Fédor Dostoïevski. Et un autre: sur la couverture j'ai écris mon nom, l'année 2003 et l'ambitieux nom " cahier de serbe-croate et c". "c" pour cyrillique. "Cahier vide". Mes traits viennent de passer. Je croyais encore en Tea, j'admirais ses savoirs, je l'adorais innocement, purement. Elle m'émerveillait. J'urais pu lui inventer des ôdes et des poèmes mais elle les faisait trs bien toute seule. La candidité qu'elle m'inspirait, melée à ma puérilité me faisait ressortir des poèmes comparables aux fossiles préhistoriques, grotesques mais touchant. Sa rose sauvage s'était salie d'un noir poussiéreux. Tea, la jolie, était morte, fanée, souilée par ses propres pensées, par ses gestes et ses paroles que j'ai condamné.
Ce carnet utopique mais vide n'est que le désagréable souvenir de celle qui me blessa. Si j'étais elle, je serai réjoue de voir à quel point je torture des pensées. Les miennes. La douleur qui s'était ancrée dans mon dos se fait très insistante. Le passé sait surgir en tant voulu, la souffrance aussi. Je descend les marches de la vie à chaque pas dans l'école du savoir et m'en désolée. Désolée d'être si incomprise et de tenir le bête discours des adolescents. I hate everyone, j'ai bien envie de hurler. Même si c'est faux.
Quand viendront les fraiches prairies, le soleil rayonnant comme un très beau sourire, le parfum acérés de quelques fleurs magnifiques, les orchidées plaintives et le vent doux?
J'attends, avide.


Kirjava- fin février...
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Dim 22 Avr à 18:55

"Penses-tu qu'une blanche poupée de porcelaine est saine, pure? Tu crois qu'elle est habillée de nâcre? Regarde-toi, ce noir qui brûle et coule sur tes joues, regarde ta curiôsité enfantine et malvenue. Ça brûle les joues, ça brûle l'âme. Des cendres sur ces habits blancs, ô pureté maladive. Des cendres sur ce suaire pâle, innocence décadente. Tes pleurs assombris ne sont que le bouquet, le triste jardin de ta peine cachée. Mais crie! Hurle les fatigues qui demeurent en ton corps. Hurle la pierre froide qui passe sur ton corps. Hurle les douleurs qui se lavent dans ton corps. Dans ton coeur, les fruits ont trop mûri et la flèche qui les transperça te laissa ce jus épais, rouge sang. Les cerises ne sont pas là, au printemps. Mais qu'est-ce que tu attends pour vivre? Petite enfant. Ferme les yeux doucement. Il est temps de s'endormir."

Aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Ven 27 Avr à 12:26

-Rêverie I -



La plus calme des mélodies se glisse timidement entre chaque particule de l'air, tous les coeurs battent de cette placidité et forment la Percussion. Tam. Les sons entrent. Tam. Ils se défient. Tam. Ils se défilent. Tam. Sous sa voix. Le chant pudique. Le chant malsain. Les amourettes de pleine lune. Le son coupe tout souffle car tout souffle est bruyant. Le son frappe la tête, il secoue l'esprit. Les sanglots vocaux inondent la scène. Inondent la nuit, troublent les fêtes. Si les lys tombent sous un charme, Si les roses parlent de leur charme, Ce chant est à sa dernière note prolongée. Les amoureux désespérés. Les pierrots bleus deviennent sanglants. On s'enflamme. Le piano scande. On se brûle. Le piano hurle. Flammes vous venez, Flammes vous dansez. Magiciennes, artistes, maîtrise des éléments. La Folie s'empare de tous les corps. Tout s'enchaîne si vite, les flammes des bolas volent et battent les étoiles lumineuses devant le rideau vermeil. L'eau s'écoule, comme un océan émotif, les vagues sont assaillantes. Le coeur se déchire, grave. La vue, éblouie de ses feux ne tiendra plus. Les tambours commencent. Les tambours s'avancent. Rythmes infidèles à la mélodie murmurée par treize elfes sylvestres. Rythmes accordés à tout ceci. Les gens ne suivent plus, comme drogués. Les gens ne suivent plus, ils sont tous fous. Le son, ou la fumée, se confond. Se consumer, fondre sous l'opium qu'on entend grésiller. Danse. Tout est enchaîné. Danse, danse. Les corps sont émus. Les corps sont nus. Le chant, chante, doux et parfumé. Le chant frôle les danseurs effrénés. Belle torture, mon Adôrée, ton corps martyr, de ma nature. Chante. Les sons coulent, les son s'animent. Chante. Les violons hurlent. Chante. Amie de bonne fortune. Chante. Murmure tout l'Amour.
Clap, l'eau s'égoutte. Clap. Le calme est là. Les regards se rhabillent, génés et pudiques. Clap. Un corps nu sur la scène. Clap. D'un geste les dévêtit. La plainte s'avance, le chant s'élève, la Comtesse n'est que Voix, le corps est parcouru d'un mouvement indolent. Le violon chatouille la voix. Le violoncelle dicte chaque geste. Les gestes s'enchaînent, habillés de pluie. Le sang peut s'écouler. Les danseurs se relèvent. Le bleu embrasse le cou d'une nymphe. Hyppolite peint sur la Toile, danses colorées. Leurs corps de peintres ondulent sur la Toile. Leurs hanches d'artistes décolent sur ce voile. Les bras de ces anges embrasent et dessinent la plus belle sylphide.
Les murmures se font incertains. La chanteuse fait entendre une douloureuse voix. Comtesse charmante tous vos crimes sanguinolents n'auraient-ils fait de vous Princesse des esprits? J'entends des voix. Le Diable vous appelle. J'entends des sons. Les mots vous rappellent, à vos pieds, danseurs, gardiens de leur tombeau. Les esprits murmurent votre âme grandiose. Suis-je la seule? Chante, Adôrée. Flammes, Corps crépitent en votre voix.
Spectacle d'Emotion, Bolas et passions. Lèvres acharnées à chanter les baisers. Coule l'eau, déversée sur la Toile. Les corps ont chus, brûlés. Les instruments, évaporés. Mais la voix a glissé.

"Ha. Haha. Ha. Haha. Ha. Haha. Délicats poisons. Coule sur mon menton, coule sur mon ventre, délicate boisson. Ambroisie vermeille, sève de la Beauté, j'ai soif de vous, l'ami confident. J'ai soif de vous le cruel prétendant. Nos âmes concordent en une même essence. Et pourtant, c'est étrange. Mais. J'ai soif, soif de nos aventures. J'ai soif. Soif de si belles tortures. Amies délicieuses, peaux pâles, demoiselles. J'appelle. Nos vies incandescentes, nos vies ardentes. Nos vies d'amours volages. Nos vies de lettres et d'eau de toilette sur là-bas, les plans de l'eau de là. Et joies, nos regards infinis. Là-bas, crieront les colombes. Là-bas, voici nos tristes mines qui cassent le reflet du regard. Nos vies de Folles sont elles princesse d'un jardin? Mmmm. Arbres, cerisiers. Les fraises rafraîchissent nos lèvres. Les murs j'en colorie ma bouche. Mon corps de noble s'enfuit, la terre l'accueille. Le plant d'un arbre, de l'ambre. Quelques parfums interdits. Princesse Folie dans l'Envie. Désir et rêves de Princesse Folie."

-Kirjava-
Le 25 avril 2007


Dernière édition par le Sam 28 Avr à 2:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Ven 27 Avr à 13:16

J'ai plongée dans tes mots et j'ai tout vu au rythme du TamTam et des chants.
J'ai tout bu avec délice, sans reprendre mon souffle.
Ô chère Adôrée, ce texte prend entièrement sens à mes z'yeux, il me plaît.
Un pur plaisir, alors, merci.
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Ven 27 Avr à 13:19

J'en reste pensive et débordante d'affection.
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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Sam 19 Mai à 19:11

Puisque les mots ne viennent [venaient?] pas [plus]...




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MessageSujet: Re: [écrits, poèmes] Kirjava   Sam 9 Juin à 15:26

-Violette-

Violette, Violette,
Violette.
Odore mon corps.
Fleure mon coeur.
Oh dôre mon corps
Adore mon corps
Violette.
C'est dans la tête
que fleur est douleur.
Violette
sur ma peau.
Les pétales à fleur de peau.
Tes feuilles qui me couvrent
Mes lèvres s'ouvrent
Ta tige que j'embrasse.

Violette, ton teint me glace.
Il fait si froid, je suis fiévreuse.
Odore-moi Violette, ton corps clair mauve dans mes bras.
Fleuris-moi, Violette. Ta tige, en moi.

Mes lèvres, Violette,
mes lèvres violettes
Hurlent:
Violette. Tu te penches
Violette, masculine pervenche
Je me chagrine de ce plaisir sans volonté
Les larmes coulent, tes pétales... volontier.

Violente, Violette
Peut-être que tu t'offres et c'est en quoi je crois
Mais ta tige verte
Qui s'enfonce en moi, me trouble.
Violette, violettes
Tu frottes, Violette, tu t'incrustes sous ma peau. Tu ponces des violettes, et lave encore et encore, mon corps déshydraté.
Et plus tu me purifies, et plus je suis asséchée. Tes grandes prunelles, d'un rouge violacé, me glacent.
Violette, tellement près de moi.

Violette, violettes
Odorent mon corps et dôre mon coeur
Fleurissent mon coeur adore mon corps.

Violette, et tes battements de feuilles
Brise légère sur mes seins, grincent harmonieusement
Violette, tu me prends, j'ai peur.
Je pleure de ta violence, ô Violette.
Ton parfum glacé me jette
Des regards si perçant.
Violette.
Tout carmin de mes lèvres qui ont sucés ta tige s'est envolé.
Et toi si enracinée, plantée, nourrie du sang de mon coeur, toi, tu t'es incrustée dans mon âme et mes lèvres violettes, Violette, ont trop sucé.

Violette, je t'attrape, je te frappe.
Ô Violette, mais défends-toi!
Tu m'as trop blessée.
Quand mon corps n'était que le flacon de ton parfum
Et mon coeur le vase sang de tes fleurs.
Violette tu peux crier, ce sang goutte des sol, des mi, des si, ce sang violet est tien.

Violette, Violette
Violette
Oh, et purifie-moi. Encore et encore. Encore.
Que ma souffrance ne soit pas le sort.
De Violette.

Et que dis-tu du flacon qui s'incruste dans l'odeur. Et la vase qui explose dans les fleurs.
Viol, Violette.

Viole, violon, violoncelle qui m'odora.
Viole! Violon, violoncelle qui crissa.
Viole, violons, violons celle qui
Viole les violons. Violons celle qui
Viole les violettes, violons, violoncelles qui fûrent
Les violeurs, les vies.

Violette, je te cueille sans regrets. Je t'accueille à regrets.
Toute en moi.

Viole-moi.

Violette-moi.


(Premier jet...) 8th June 2007
-Kirjava-
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