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 Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées

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Saulz
Guerrier tragique
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MessageSujet: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Jeu 15 Fév à 16:55

Ouais, si je veux avoir des critiques de mes écrits de votre part, il me serait préférable de mettre mon roman ici plutôt qu'un simple lien vers ailleurs ... Voilà, J'étale mes premiers chapitres, une fois corrigée et retravaillés.

Errythos, l'ombre du guerrier tel est le titre de ce roman sur lequel je m'acharne depuis bientôt un an et demi. Il est dans un style de pseudo-Heroic-dark-fantasy, bien que les premiers chapitres n'abordent peut-être pas tant que ça en ce sens ... Ne vous gênez guère pour vos remarques, aussi négatives soient-elles, celles-ci me permettront de m’améliorer d’en faire un récit digne d’intérêt. Je veux tout savoir, est-ce bon, passionnant, touchant, est-ce que ça donne envie d’en lire la suite ? Je veux avoir le plus d'impressions et de critiques possibles avant de me tenter à l'envoyer chez les éditeurs.

Comme premier envoi, mon chapitre 1, une courte introduction à mon univers, accompagné d’une petite présentation pour vous mettre en appétit. J’espère que vous apprécierez ! (Désolé du double post, mais mon texte était trop long ... ça va être galère si je met les plus longs chapitres !)

Toujours j’admirai les chevaliers de Celtaiy, je leur vouai une admiration sans borne et toujours je voulus en faire partie, me joindre à ces rangs pour combattre l’hérésie dans les lointaines contrées, mais je ne pus être de cette élite… ce démon de père prit plaisir à briser mes rêves d’enfant et mit toutes ses ardeurs à précipiter ma chute, à me voir ramper à ses pieds pour joindre les rangs ecclésiastiques comme le voulait sa volonté. Damné soit-il ! Le désespoir étant en son comble dans mon cœur larmoyant sous le poids de ce lamentable échec, j’eus bénédiction : ma sœur. Les secrets de l’érudite me permirent de fuir et de finalement combattre sous d’autres bannières, de pouvoir commencer cette quête d’honneur qui s’annonçait déjà comme une tumultueuse et triomphale épopée … mais le destin aime faire souffrir les mortels. Les honneurs, ces honneurs … je les voulais, toujours je les voulus, j’étais prêt à tout pour prouver au monde entier que je n’étais guère ce faible qui ne put être chevalier … en ces honneurs j’y trouvais mon bonheur. Au fil des jours, je gagnai en force, j’éviscérai bon nombre de vils adversaires, mais en moi planait encore l’ombre de cette honteuse faiblesse, non, je n’étais guère faible, je me devais de le prouver à la face du monde. Les honneurs … je démembrai coupables et innocents pour connaître la gloire, en ces bains sanglants et ces hécatombes j’y savourais la gloire, je sentais ma force… mais je devins fou. Jamais je ne fus assez puissant, violent, démentiel, sanguinaire, honorable, la folie grandit en mon esprit et fut l’ouvrière de ma déchéance. Cruel destin qu’est le mien, mais là est mon histoire : un sentier de sang et de tourments à la recherche des honneurs, en quête de ce bonheur que jamais je ne pus connaître.

Chapitre 1
Éveil


Le discret chant des hirondelles me tira hors du lit. Cependant, il ne me tira point totalement de mon sommeil. Leurs symphonies inaudibles ne pouvant être entendues que par celui qui s'en donne la peine, je sortis de mes draps pour mieux les écouter. Je me rendis à ma fenêtre, péniblement, et je pus y entrevoir la timide lueur de l'aube, une de ces maintes sources de mon éveil. Le soleil hésitait à pointer ses rayons à l'horizon, comme s'il ne cherchait qu’à donner l'illusion de sa présence, comme s'il n'avait plus le cœur à l'ouvrage. Il n'était pas seul. Dans peu de temps, mon sort allait être décidé : je découvrirais si je serais nommé chevalier ou si ma vie prendrait les traits de la mornitude commune.

Depuis le début de cette guerre contre l'hérésie, tous les enfants de huit à quinze ans environ doivent suivre cette formation qui déterminera leur place dans la société. Tous les gamins rêvent alors de devenir chevaliers, ces nobles combattants faisant triompher la lumière de la justice et de la foi, obéissant aux commandements du roi et recevant la gloire et les honneurs du métier. Je crois qu'il n'y a pas de doute possible, il s'agissait du rêve de tout garçon. Ces guerriers possédaient tous les avantages : non seulement ils étaient les seuls à vraiment pouvoir quitter cette grande cité qu'est Celtaiy, mais aussi étaient-ils parmi cette minorité pouvant avoir descendance. Seuls les plus forts et les plus courageux devraient procréer, la foi obligeait pareille contrainte à la population. Ainsi, les descendants seront porteurs de la force de leur père et l’humanité se fera plus apte à défendre avec plus grande vigueur la volonté du Divin. Sa Majesté voulait que tous les hommes en devenir scellent leur destinée par le bien d'un combat. L'enjeu n'y était pas la mort, mais l'honneur. Tous devaient passer par cette épreuve, l'éducation ainsi acquise servant à former de bons soldats. Le vainqueur était nommé chevalier et allait combattre dans des contrées lointaines tandis que le perdant devait, avec les femmes et les filles, combler les autres besoins de la société et assurer la subsistance de l'armée. La confection des armes et armures demeure peut-être l'unique tâche moindrement digne pour ces hommes déchus. Ceux restant se destinaient alors à l'agriculture au titre de simples paysans ou bien on leur assignait le transport des vivres pour les troupes, mais encore... vu qu'il s'agissait d'un privilège de quitter la ville, seuls ceux ayant gagné l'estime du roi peuvent le faire. Il n'y a pas de sot métier, mais certains rapportent un plus grand prestige que d'autres.

Ce combat arrivait à grands pas et c'était la seule chose qui occupait mon esprit. Avais-je acquis la force nécessaire pour vaincre mon futur adversaire ? C'est dans ces moments que j'aurais voulu que mon père ait eu une fonction plus haute que celle de prêtre. Les religieux étaient probablement parmi les rares ayant la chance de participer à la création d’une autre génération. Certains intellectuels et religieux bénéficiaient aussi de ce privilège, mais leur progéniture ne constituait pas une grande majorité. Les enfants qui eurent la chance d’être nés d’un chevalier pouvaient alors bénéficier des conseils de leur père, un combattant chevronné… si ce père n’eut point trépassé à la guerre. Malgré tout, plusieurs se retrouvaient orphelins, ignorant tout sur leur mère alors que le paternel mourut au combat. Tous les apprentis dépourvus de ces avantages généalogiques vivaient alors enfermés dans un vaste édifice, une école nommée « Apprentissarium» où ils recevaient eux aussi la formation pour devenir possiblement un noble guerrier. Si seulement cet incapable me tenant lieu de père avait été fort, courageux, peut-être l’aurais-je été moi aussi ? Néanmoins, si jamais j'échouais ce test, je craignais que père me force à joindre les rangs ecclésiastiques. Certes, il y avait des avantages, mais je préférais gravir les échelons de la société par la grandeur et l'héroïsme de mes actes plutôt que par la peur et les ordres que je pouvais réciter à la population.

Père espérait tant que j’échoue mon épreuve pour travailler à ses côtés qu’il s'en était convaincu et que déjà il annonçait triomphalement ma défaite. Après mes leçons de combat épique, il m'enseignait d'autres notions concernant la religion, tout le nécessaire pour faire de moi un prêtre en bonne et due forme comme lui. C'est d'ailleurs lui qui m'apprit à parler comme un noble citoyen du monde. Toujours il me dit que les paroles surpassaient l'acte, qu'il était préférable de gouverner les combattants que de mourir à la guerre. Il m'eut aussi répété à maintes reprises que l'hérésie se devait d'être vaincue et que Dieu exigeait que certains hommes soient présents pour faire respecter ses commandements, que la supervision de cette dictature divine est alors plus noble que la bataille en soi. Toujours j'eus honte de mes origines, père n'était qu'un froussard manipulateur à mes yeux et il désirait uniquement que j'emboîte ses pas. Il eut tellement cherché à miner mes ambitions et mes espoirs de réussite que je ne savais pas s’il avait réussi.

C'était dans de pareils moments que j'aurais voulu connaître ma mère, avoir ce réconfort en ce monde hostile que mon père ne pouvait me prodiguer. Il pratiqua son devoir sur plusieurs femmes et j'ignorais laquelle d'entre elles me donna naissance. Je me demandais souvent pourquoi je n'avais pas de frères ni de sœurs: Si père eut la chance d'assurer sa descendance à plusieurs reprises, pourquoi étais-je le seul à demeurer chez lui, pourquoi n'avait-t-il donné la vie qu'à moi ? Parfois, il m'arrivait de penser que j'avais peut-être eu un grand frère qui fut un honorable chevalier, mais qui rendit l'âme au combat et que peut-être était-ce la raison pour laquelle père espérait tant que j'échoue à mes tentatives d'exercer la même profession. D'autres fois, je croyais que dans les recoins de cette ville subsistait ma sœur et qu'elle travaillait avec acharnement au ravitaillement des troupes, qu'elle vivait pauvrement et qu'elle n'était qu'un objet de procréation. C'est suite à de telles réflexions que j'étais content de ne pas être né fille, mais où je souffrais de l'ignorance exacte de mes origines.


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Saulz
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Jeu 15 Fév à 16:56

De ma fenêtre, j'observai Celtaiy. Cette ville semblait se prolonger à perte de vue. Elle reflétait la démesure des hommes, elle incarnait trop bien leurs irrationnels désirs et ces folies de grandeurs qui les ravageaient et qui en devint leur vanité. Elle se construisit sur la souffrance de ses ouvriers, sur les ambitions de la monarchie et l'expansion de la population. Les hauts murs nous protégeaient des attaques, des envahisseurs … et de la connaissance du monde extérieur. Celtaiy n'est qu'une prison à aire ouverte. Rares sont ceux qui purent la quitter et je me demandais à quoi ressemblaient ces terres inconnues. Peut-être y avait-il d'autres cités aussi grandes? L’humanité entière résidait-elle entre les palissades de Celtaiy ? Un jour, je tentai de grimper au sommet du clocher de la cathédrale de Cilenne, dans l'espérance d'apercevoir, ne serait-ce qu'à peine, ce qui se cachait derrière ces murs. Ma tentative échoua. Pourtant, mon plan se déroulait à merveille, je me rendis à mi-chemin, mais, sans trop savoir pourquoi, je redescendis, comme si j'eus peur d'être vu et d'avoir accès à des connaissances interdites. J'eus l'impression qu'une force m'empêcha de rassasier ma curiosité. Père m'avait-il convaincu que certaines choses se devaient de rester secrètes ? Avais-je voulu de moi-même ignorer la réponse à mon interrogation, pour pouvoir continuer à imaginer les paysages du monde au-delà de Celtaiy ? Je demandai un jour à père ce qu'il y avait derrière cette haute muraille.

- « Ta curiosité mènera à ta perte ! Pourquoi veux-tu sans cesse tout savoir ? Je n'ai jamais vu personnellement ces paysages, me répondit-il avec impatience . D'après la parole divine, seuls les combattants cherchant à faire triompher la lumière de la foi devraient et peuvent connaître la face du monde. Ils sont les seuls à pouvoir affronter les dangers qui s'y cachent. Il ne s'agit d'un monde dépourvu d'intérêts, composé d'eau, d'arbres, de pierre... et d'hérétiques. L'hérésie se cache un peu partout dans ces terres et personne ne connaît son vrai visage. Elle cherche à éradiquer la foi, à étouffer la vérité. Tu ne pourrais pas supporter de vivre en ces lieux. Contente-toi plutôt de la sécurité que te procure Celtaiy. »

L'hérésie, qui était-elle ? Qui étaient ces non-croyants ? Ces ennemis, étaient-ils ces êtres maléfiques dont nous apprenions l'existence dans notre formation ? Existaient-ils réellement ? L'hérésie, était-ce d'autres hommes ? Était-ce possible pour quiconque de renier l’évidence ? Comment pouvait-on ne pas croire que Dieu créa l'homme et la nature ? Pourquoi décidèrent-ils d'abjurer le Tout Puissant ? Cette croyance absurde menait à leur perte. Nous les décimions l’un après l'autre. Pourquoi ne revenaient-ils pas à la juste certitude ? Peu importe qui ils étaient, je désirai toujours les combattre, les châtier pour en récolter l'éternelle gloire... sans cesse je me répétais ces mots...

J'observais Celtaiy qui somnolait. C'est alors que j'eus une idée. Pourquoi ne tenterais-je pas à nouveau de voir ce qui se dissimulait derrière les murs de cette cité ? De toutes façons, si je réussissais et que je devenais chevalier, je le découvrirais ! Je n'avais qu'à passer par l'intérieur de l'église, personne ne me verrait. De plus, la paresse du soleil ne pourrait révéler mon identité aux autres, je me faufilerais dans la cité sans éveiller les soupçons, sans que nul ne puisse me réprimander de quelconques tords. Si je ne pus satisfaire ma curiosité lors de mes erreurs du passé, le temps se fait parfois clément et me donne l’occasion de me reprendre.

Trêve de bavardages intérieurs, je me devais d’agir. Je sortis de ma chambre et je descendis les escaliers le plus silencieusement possible. Ma fuite ne parvint guère à réveiller mon paternel, pas la moindre sonorité ne put fracasser son précaire sommeil d’une fragilité presque légendaire. Je réussis la première partie de mon objectif, il ne me restait plus qu’à m’infiltrer en cette inaccessible zone, interdite aux yeux avides de savoir. Je glissai hors du logis avec la discrétion d'une ombre et j'entrai dans le lieu divin, poussant lentement une des lourdes portes d’entrée alors que la mince pression que j’exerçais en sa surface faisait bruyamment grincer les gonds rouillés qui la maintenaient au mur. Silence vulgaire engin ! Je ne voulais guère m’attirer les regards ! Je regardai autour de moi, furtivement, tel un voleur s’apprêtant à piller d’inestimables trésors, et personne ne sembla remarquer ces frottements stridents, tous dormaient dans leur lit sans que je n’aie troublé leurs ronflements. Ouf ! Je pénétrai dans le temple de Dieu et je fus étonné. Comme c'était grand et vide ! Je m'émerveillai de la splendeur de l'omniprésence du silence en ces lieux, je crus qu’il célébrait discrètement son triomphe définitif du bruit, comme s'il venait d'assassiner le son. Je claquai des doigts et ma crainte se dissipa. Non, je n’étais pas sourd. Je déambulais discrètement, marchant à pas de velours sur les diverses mosaïques qui enjolivaient le froid parterre. Je me sentais telle une inerte poussière, une insignifiance dans le divin palais qui n’avait guère la grâce et l’allégresse des lieux. La timide lueur de la lune illuminait faiblement les vitraux, ces immenses œuvres de verre qui projetaient leurs pâles éclats au sol et sur les centaines de bancs de bois alignés en rangs, militairement. Toutes les mystiques scènes y étaient présentées, les actes de la création du monde, l’arrivée de l’homme, chaque tableau de verre y illustrant les vertus du Bienveillant et la dévotion pieuse des artistes, ces prodiges de l’émerveillement. À mes côtés se dressaient une multitude de cierges, une armée de chandelles aussi droite que les chevaliers des croisades, leur lumière honorant la mémoire de ces disparus, ces dévoués qui livrèrent leur âme à la religieuse cause pour y défendre les honneurs du Sauveur. Ces feux se trémoussaient sur les mèches, dansant sur cette mince surface qui surplombait cette mare de cire fondue qui bouillottait sous leurs chauds pieds. Je ne savais guère quoi penser de ces valeureux dont on honore encore la mémoire, je me désolais parfois de voir que leurs inqualifiables efforts ne se voyaient que si piètrement récompensés, un simple et banal bâton de cire soulignant une fougue et une maîtrise du glaive digne d’un plus grand respect, de plus gratifiantes mentions. On ne révérait guère ces combattants comme ils se devaient de l’être. J’espérais acquérir plus d’honneurs dans ma vie pour que l’on commémore mon épique carrière autrement que par une solitaire et insipide bougie. Aux cotés de ces flammes se pointaient les escaliers que je gravis sans attendre davantage, gagnant aussitôt l'étage supérieur. La cadence de mon cœur commença à accélérer, la fébrilité m'envahit. Je passai rapidement le jubé sans y porter attention et je me dépêchai de monter l'échelle conduisant au clocher. Rendu, je ne pouvais me contenir, l’attente devenait insoutenable. Tout ce que je voulais savoir se cachait derrière une dernière porte et probablement une dernière échelle. Oui, une dernière porte... barrée à clef ! Comment pus-je être aussi sot ! Jamais je ne laisserais une porte miner ma détermination, je n’allais guère baisser les bras alors que je me glissai en cette demeure sacrée en période interdite. Ma soif de vérité me ravageait, dévorant mon intérieur et mon esprit. Non, je ne pouvais plus reculer ! Si je ne possédais pas la clef, j’étais en pleine possession de mon corps.

Je tentai de défoncer la porte avec mes poings, je m’y évertuai pleinement. Je devais connaître ce qui se cachait au haut de ce clocher, ce qui se cachait au-delà de ces murailles. Je m'acharnai longtemps sur la solide porte de bois tel un forcené, chaque assaut laissant résonner la répercussion dans l’enceinte, mais elle ne semblait pas vouloir me céder. Sa robustesse était étonnante, à mon grand désarroi. Je continuai, continuai... mais rien. Je la frappai alors d'un violent coup de poing et je réussis à briser une épaisseur... ainsi que ma main. Je commençai à saigner. La douleur et le sang n’allaient guère m’empêcher de satisfaire mes ambitions de connaissance ! Je poursuivis pendant un bon moment, la rage avait pris possession de moi, mon souffle s'accélérait. L’évidence me frappa finalement, je ne pouvais la défoncer de mes poings. Comme la fébrilité peut nous faire égarer des voix de la logique ! Je commençai à la plaquer, fonçant sur elle à vives allures tel un taureau, reprenant mon souffle pour aussitôt recommencer mes offensives. Stupide porte, pourquoi ne voulais-tu donc pas t'ouvrir ? La porte faiblissait un peu, mais seulement quelques éclisses de bois s’étaient détachées malgré la quantité phénoménale de coups que je lui infligeais. Pourquoi mes tentatives se portèrent aussi inefficaces ? Je poursuivis par d’autres moyens, la bombardant de coups de pieds tous aussi acharnés que mes précédentes tentatives. Cependant, au bout d’un moment, je commençai à sentir mes forces me quitter, je m’épuisais. Je tentai un dernier coup, un coup final. En vain : je ne pus la défoncer. Tout ce que je réussis fut d'en peindre une partie de mon sang. Je m'effondrai sur le sol, vidé de toute énergie en pleurant discrètement mon désespoir, ne voulant point blesser mon chétif orgueil qui déjà n’avait que peu de raisons d’être. Je m'essoufflai, je ressentais progressivement la douleur, ces maux qui me tenaillaient... et je fermai les yeux un moment... difficile d'accepter d'avoir été vaincu par une porte...

Je les rouvris, dans ma chambre. D’intenses spasmes me transperçaient le bras droit. Je n'avais pas rêvé, j’avais visité la cathédrale ! Mais comment avais-je atterri là ? Comment pouvais-je vaincre l'hérésie si j'avais dû céder devant une porte, si je n’avais point été capable d’en venir à bout ? Comment pouvais-je oser croire un jour triompher de menaçants adversaires alors que j’avais abandonné face à une porte, une commune et insignifiante porte ? Encore, j'eus échoué lamentablement et ma frêle fierté continua à péricliter. Je me levai pour revoir Celtaiy par mon châssis. Le soleil crachait sa lumière d'une intensité surnaturelle. Malgré l'insupportable brillance astrale, je descendis à l'étage et sortis de la maison avant même que père n’ait le temps de constater mes blessures et de me questionner sur leurs causes. Je n'étais pas dans l'état d'entendre un long et méprisant sermon. Je me hâtai vers l'Apprentissarium, pour poursuivre mes leçons épiques. Je courus au travers des rues et j’arrivai avec une légère avance, m'assurant ainsi l'exemption du fouet pour un retard.


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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Jeu 15 Fév à 17:36

L'avantage du lien que tu avais donné, c'est qu'au moins le texte était sur le même post. Je rejoint l'avis qui a été donné là-bas, d'ailleurs, à savoir que c'est plus facile à lire si tu donne des extraits plus courts. Enfin, je dis ça ! Du coup, je suis allé lire sur le liens que tu avais donné, et les remarques qui t'ont été faîtes m'ont parru des plus pertinentes. Je trouve que tu nous met très rapidement dans l'univers du personnage, et personnellement, j'aprécie. C'est marrant, je trouve qu'il y a à la fois pas assez et trop de descriptions. Pas assez parce que j'ai envie d'en savoir plus, ce qui est positif, trop parce que ça ralentit l'action, déjà relativement posée par des longues phrases. Mais en fin de compte, ce n'est pas négatif pour autant, ça donne un style particulier.

Sinon, juste comme ça en passant :
Citation :
Acquis-je la force nécessaire pour vaincre mon futur adversaire ?
Personellement, j'aurais mis un truc du genre : "avais-je acquis la force...." Mais je ne sais pas trop, après tout, c'est ton texte, je ne vois pas pourquoi tu devrais en changer la moindre virgule.
Sinon, ton héros doit être un peu nerveux, non ? Il veut défoncer une porte, le premier truc qu'il fait c'est donner des coups de points ? Perso, j'irai à coup d'épaules, en général, c'est plus efficace (et moins douloureux).

Bon, pour finir, je dirais... Et bien, que j'ai hâte de lire la suite, parce que j'aimerai comprendre un peu mieu son "honneur" de guerrier. Et aussi parce que l'histoire démarre plaisemment, dans un univers très... sympathique. ça me rappelle un peu Le Talon de Fer de Jack London dans le côté oligarchie. Sauf que là, c'est la religion qui commende, façon Grande Inquisition. Je me demande à partir de quel moment le Héros Chevalier va basculer dans l'hérésie et lutter contre la dictature religieuse. Mais, peut-être ne le fera-t-il pas ?
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Angel
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Ven 16 Fév à 0:18

Et bien mon cher Saulz, que dire à part que j'aime beaucoup. Je rejoint un peu l'avis de Gaya. Mais là tu me met l'eau à la bouche.... J'espère que tu permettra de lire la suite de cette histoire qui m'a l'air fort prometteuse.....
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Saulz
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Dim 18 Fév à 17:06

merci pour les commentaires Mr.Red

Citation :
Sinon, ton héros doit être un peu nerveux, non ? Il veut défoncer une porte, le premier truc qu'il fait c'est donner des coups de points ? Perso, j'irai à coup d'épaules, en général, c'est plus efficace (et moins douloureux).

Hum .. j'avoue que cela me cause problème, car mon perso soit se blesser la main en tentat d'ouvrir cette porte, ça influence un peu la suite de l'histoire ... si, il est nerveux et il la plaque par la suite, mais j'avoue que je ne sais trop quoi faire avec ce petit passage : C'est un peu stupide qu'il use d'abord de ses poings, mais ils doit se blesser la main ... je suis toujours en quête d'une idée de remplacement ...

Voilà alors mon chapitre 2, duquel j'ai retiré quelques passages moins essentiel de l'histoire, simple question de pouvoir le mettre sur le forum en 1 post ou 2.

Bonne lecture !
===============================================
Chapitre 2
Essais et Erreurs

J'arrivai le premier dans la grande salle de l'Apprentissarium. Les cloches retentirent et ce n’était qu’une question de secondes avant que les pas de ce troupeau d’apprentis gronde dans les corridors de l’immeuble. Avant que la pièce centrale ne soit envahie par ces pensionnaires, j'en profitai pour soigner légèrement mes plaies au bras droit en déchirant un des lambeaux de ma veste pour me panser la main. Pourquoi n'avais-je pas pensé que la porte du clocher était verrouillée ? Rares étaient les lieux permettant de contempler les paysages interdits s’étalant au-delà des hautes murailles et j’aurais dû me douter que l’accès y serait difficile. Quel imbécile j’étais, j'aurais sans problème défoncé cette porte avec une masse ou une épée à ma disposition ! Si seulement j’avais réfléchi avant d’entreprendre pareille tentative, peut-être que ma main ne serait guère en un si piteux état…

Mes blessures me persuadèrent que de telles insolences ne s’avéraient que vaines et que je ne devais plus tenter d’aussi ridicules projets. Je devais me concentrer sur les leçons, l'épreuve ultime arrivait à grands pas et je ne pouvais en détourner mes pensées. La vie des apprentis n’y était guère l’enjeu, mais plutôt sa qualité. Le combat se déroulait avec de longues épées à deux mains recouvertes d’une visqueuse confiture rougeâtre. Le premier à en porter la marque sur lui était déclaré perdant et les résultats étaient incontestables. Cependant, dans la réalité guerrière, le vaincu était détroussé de bien plus précieuses choses que sa fierté ou ses honneurs … et le nombre grandissant d’orphelins le démontrait clairement.

Finalement, la ribambelle d’apprentis se pointa dans la vaste pièce alors que Krob, notre instructeur, fermait la marche de son pas ferme, laissant planer son ombre de guerrier accompli sur la foule entassée. Krob était un excellent maître. Il nous apprit à nous servir de l'épée, de l'arc, de la masse, du fléau et de plusieurs autres armes durant nos années d'éducation. Il nous enseigna aussi les bases de la survie en nature... pour ces fortunés qui allaient pouvoir y séjourner, ainsi que quelques ruses à employer au combat. De plus, il était un chevalier hors pair. Jamais Celtaiy n'avais connu un homme aussi courageux, grand et musclé. Du haut de ses quatre coudées et quelques, il inspirait la peur chez ses adversaires de par son regard de feu. Il nous racontait quelques-unes de ses odyssées lors de ses enseignements. Il revigora l'enthousiasme de ses élèves avec son récit où il combattit une horde de démons, leur tranchant la gorge, leur transperçant le ventre de sa lourde et imposante épée et leur extirpant le cœur de la poitrine. Tous l'écoutèrent avec fascination et étonnement. Grâce à la gestuelle dont il faisait preuve en narrant les événements, ses aventures semblaient plus vraies que nature. Il se plaisait à les raconter dans les moindres détails macabres, telle une poésie morbide, que ce soient les rugissements de maléfices et de souffrance de ces brutes diaboliques ou par les éclats de sang couleur charbon que son arme faisait gicler hors de leur corps. La légende voulait aussi qu'il ait conservé la tête de tous ses adversaires chez lui et qu'il les exhibe sur les murs de sa résidence en guise de trophées à la gloire de son éternel combat contre l'hérésie. Son équipement nous captivait tout autant. Non seulement il était armé jusqu'aux dents, mais son imposante armure elle-même pouvait mener à la mort de plusieurs créatures de par les nombreux tranchants ou pointes qui en émanaient. Nous le percevions tous comme un guerrier mythique, un inébranlable colosse. La prochaine cohorte de chevaliers allait avoir le privilège et l'honneur de combattre à ses côtés et fort probablement qu'à leur retour, Celtaiy allait les revoir glorieux. Le seul fait incongru de Krob était que, malgré sa réputation, sa force surhumaine ou sa gloire, il était un des rares combattant à ne pas avoir de descendance. Néanmoins, tous voulaient lui ressembler.

Après sa palpitante séance de conseils et d’anecdotes, Krob nous parla de l'épreuve ultime qui arrivait à grands pas.

- « Écoutez-moi, le grand jour arrive et vous devrez prouver que vous êtes devenus des hommes. Plusieurs personnes observeront les duels. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un combat à mort, ce n’est pas une raison pour qu’il n’y ait pas d’action. Je veux vous voir combattre avec fougue et violence ! Rappelez-vous que votre honneur est en jeu et que pareille défaite vous hantera pour le reste de votre vie ! Prouvez que vous êtes fort et courageux, que vous n'êtes pas de faibles froussards. Votre épreuve se déroulera dans l'arène royale. Dans deux jours, je veux tous vous revoir ici au son des cloches. Tous ensembles, nous irons au château. En attente du moment décisif, entraînez-vous, vous devez être prêts et préparés !

- Pardon maître, lança une chétive voix du fond de la salle, mais quand connaîtrons-nous notre adversaire pour ce combat ? Pourrons-nous le savoir avant d’être dans l’arène ?

- Non, répondit-il autoritaire. Je l’apprendrai en même temps que vous, votre adversaire sera déterminé au hasard et nulle contestation n’est permise ! Partez maintenant, je veux vous revoir au sommet de votre forme dans deux jours. Exercez-vous ! Nul n’est suffisamment préparé pour ce genre de chose »

Je sortis de l'école avec un de mes amis, Seirk, et nous marchâmes ensemble dans les rues de Celtaiy. Je ne voulais guère rentrer chez moi immédiatement. Quand père découvrirait ma blessure, il me questionnerait, m'interrogerait et tenterait de tirer de moi tous les moindres détails de l'histoire. De toute façon, il devait être en train de monologuer devant une foule suspendue à ses lèvres dans la cathédrale. Ce contact constant avec un homme de religion me montra le caractère puant de ces prêtres, les habiles voleurs masqués sous ces soutanes. À chaque cérémonie, la même routine opérait : père leur lisait le saint ouvrage, leur disant de diverses façons que l'hérésie devait être combattue et que tous devaient se donner aveuglément à cette cause, se dévouer sans bornes à Sa Majesté et obéir à la lettre chaque ligne de son livre sacré. Tous s’agenouillaient devant ces porteurs de divines paroles, se prosternant aux pieds de ces prophètes pour se faire soutirer leurs richesses. Depuis qu'un des sujets du roi avait machiné cette invention que l'on nomme imprimerie, les exemplaires de cet ouvrage céleste abondaient dans la cité et l'on enseignait aux personnes comment déchiffrer les écritures qu'il contenait. Tous les mots de ce bouquin devaient être respectés intégralement au détriment de passer l'éternité à subir d'atroces souffrances dans une seconde vie, tous donnaient aveuglément leurs avoirs gagnés d’arrache-pied par ces épuisantes journées de dur labeur alors que père dilapidait ces donations destinées aux plus miséreux pour savourer la plus fine gastronomie et vivre dans une luxure des plus scandaleuses. J’en savais trop pour oser croire en pareilles manigances, mais sans trouble je me dévouerais à tout maître d’armes. Ils défendaient vaillamment les honneurs et la parole du Puissant sans escroquer les paysans, récoltaient la gloire et étaient de véritables héros, de triomphales légendes que tous vénéraient. Ils militaient pour la foi sur les terres, ils combattaient, ils modelaient le monde sous la volonté du divin au lieu de simplement manipuler les plus niais par de futiles paroles. Ils agissaient concrètement et c’était pour cela que je voulais être des leurs.

Nous marchâmes longtemps dans les ruelles de la cité, nous nous rendions lentement à la demeure de Seirk. L’inévitable arriva, je ne pus m’en sauver : il me questionna sur mes blessures :

- « Errythos, comment t'es-tu blessé la main ?

- Je vais te le dire, mais à une condition : que tu gardes mes confidences secrètes. Je veux que personne d'autre que toi ne sache l'origine exacte de mes plaies. La nuit dernière, je suis allé dans la cathédrale et j'ai tenté d'atteindre le clocher pour finalement voir ce qui se cachait de l'autre côté des murailles qui clôturent la ville. Je me suis heurté sur une porte verrouillée et j'ai tenté de la défoncer. Comme tu le vois, je n'y suis pas parvenu.

- Pourquoi n'as-tu pas pris une roche, une masse, un outil pour la défoncer ?

- Crois-tu sincèrement que des armes surgissent des méandres de ce temple ? J'aurais dû m'en procurer une, mais … je n'avais pas pensé que cette porte pouvait être fermée à double tour.

- Mehende ? Qu'est-ce ? Tu sais, ce n'est pas parce que ton père t'a appris à bien parler que tu te dois de toujours parler comme ça ! De toute façon, quand tu seras nommé chevalier, tout ce langage qu'il t'apprit ne te servira plus à rien. Seule la lecture te sera un atout, l’écriture s’avérera inutile, jamais tu n’auras à composer la moindre ligne !

- Justement, voilà ce qui me tracasse ! Je doute que je ne puisse me faire nommer chevalier ! Toi, ton père excelle dans la profession et il t'a appris plusieurs notions avant de repartir à l'aventure. Tu as pu t'exercer avec lui. Comment puis-je m’entraîner avec mon père ? De par son âge et sa faiblesse, il serait incapable de lever une vraie épée et il n'aurait guère la dextérité pour en faire usage. Je me demande même s'il a déjà levé une charge moindrement lourde dans sa vie. Ce n'est pas le fruit du hasard s’il revêt une longue soutane, elle dissimule son corps flasque et ravagé par la sédentarité. Je me demande si sa force ne s'éclipse pas en même temps que la fermeté de son corps vu qu'il ne fournit jamais le moindre effort physique et qu'il vit sa vie de pacha. Je lui ai déjà demandé de m’aider à parfaire ma technique. Il me répondit qu'il s'agissait de mon choix de vouloir pratiquer ce métier suicidaire et qu'il ne pouvait rien pour moi. Je crains d'avoir hérité de sa faiblesse par un quelconque sortilège. Tu le constatas sûrement à l'école. Les premières fois que nous avons manié le glaive et le bouclier, j'avais peine à garder les bras à une hauteur convenable ! Penses-tu réellement que j'accomplirai l'épreuve avec succès?

- Il est vrai que mon père était combattant d'élite et mes frères, d'après ce qu'il dit, ont tous réussi à se faire nommer chevalier. Je ne le cache pas, je suis plus fort que la majorité des autres apprentis et je suis assez confiant en mes capacités. Je crois que ton problème réside en ton manque de confiance en toi. Tu peux y arriver ! Tu n’as qu’à croire en toi ! Bon … arrêtons de parler, allons plutôt nous entraîner ! »

Nous nous dirigeâmes vers la demeure de Seirk. Seirk faisait partie de ces aisés fils de chevalier, descendant direct d’une des élites les plus réputées. Ce preux combattant ne voulait guère abandonner ses fils dans ce bâtiment surpeuplé qu’est l’Apprentissarium où tous étaient entassés comme du bétail. Mon ami vivait alors paisiblement dans une splendide résidence près du palais, une domestique veillant à ses moindres désirs lors que son père partait à l’aventure. Moi et Seirk étions chanceux, nos pères étant d'une classe plus élevée de la société, on nous exempta de la vie à l'intérieur des murs de notre école. Cependant, nous devions tout de même nous y présenter à chaque matin. Comment pouvions-nous devenir d’honorables soldats sans apprendre les rudiments du métier? Certains enfants eurent tenté de se soustraire de cette école et de cet apprentissage. Ceux qui furent rattrapés rejoignirent alors les plus bas rangs de Celtaiy, débarrassant les rues de la ville des excréments et autres nauséabonds débris qui pouvaient s'y trouver. Il faut le dire : Celtaiy empeste. Il existait un système de "drainage" souterrain dans la partie plus riche de la cité, à proximité du palais. Néanmoins, des odeurs se propageaient tout de même hors de ces conduites. Dans la basse ville où s’étendaient les vastes terres agricoles, ce problème se montrait discret, la brise balayant ces fétidités hors du nez des paysans. Par contre, le quartier du marché et des forges dégageait une atroce senteur et c'était là que les fugitifs travaillaient. Le manque d'aération amplifiait cette puanteur, macérant ce volatil poison pour faire gerber les fins nez. Ce quartier était un véritable nid de maladies et c'était pour cela que les orphelins gîtaient dans l'Apprentissarium : ces lieux disposaient du minimum d'hygiène et ses jeunes habitants avaient ainsi plus de chance de vivre en bonne santé, d’être gardés à distance de la vermine et des maux qui ravageaient les pauvres secteurs. Moi et mon ami étions en parfaite santé et la vie nous choyait de diverses façon. Nous n’avions guère à nous plaindre de notre situation. Cependant, la noblesse et la dévotion de nos pères n’allaient guère nous soustraire de cette épreuve qui tardait à venir; nous devions perfectionner nos techniques.

Nous nous déplaçâmes derrière sa maison, près de la petite écurie et nous nous pratiquâmes avec quelques planches de chêne que nous trouvâmes dans un des recoins de cet équestre abri au sol tapi des fourrages des bas quartiers. Mon camarade était très doué, il maniait son arme de bois avec une aisance et un doigté étonnant. Il domestiqua le glaive et exécuta ses routines à la perfection comme si l’arme ne faisait qu’une avec lui. Il me désarma plusieurs fois d'ailleurs… je tentai d'esquiver ses assauts, mais j'y parvenais de façon plutôt maladroite, je trébuchais, je perdais emprise sur ma sylvestre épée ou encore je n’avais tout simplement pas les réflexes assez aiguisés pour parer ses tentatives. Lorsque je me portais à l'offensive, je réussissais quelques fois à l'atteindre et je regagnais le minimum de confiance en moi que mes déboires me firent perdre. Peut-être n’étais-je pas un des meilleurs élèves de Krob, mais mes pratiques semblaient satisfaisante, j’appliquais l’essence des enseignements du maître. Le plus gros obstacle pour ma réussite était sans doute ma défense, cette embûche que je me devais de surmonter pour espérer vaincre mon futur adversaire. Seirk me donna quelques suggestions à ce sujet.


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Saulz
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Dim 18 Fév à 17:06

- « Errythos, pour la défense, même si tu ne disposes pas d’un bouclier, n'oublie pas ce que notre maître a dis : l'épée elle-même doit aussi être utilisée pour se protéger des attaques. Si ton adversaire tente de t'atteindre d'un coup, place ton épée pour bloquer la sienne et tente de contrer son attaque. C'est là que la force physique entre en jeu. Si tu vois que ce n'est pas vraiment possible, comme lorsque l'ennemi est plus puissant : roules, cours, mais sauve-toi !

- Je crois que je tenterai plutôt de fuir ! Il serait bon de pratiquer à nouveau ce que tu viens de dire concernant l'épée. Je vais faire de mon mieux, mais vas-y doucement. Je ne suis pas aussi habile que toi tu sais ! »

Grâce à Seirk, je refis l’exercice de la technique en détail. Il me fit faire plusieurs simulations et je gagnai un peu en expérience, je devins capable de me défendre convenablement. Cependant, je ne pus me pratiquer longtemps avec ma première arme. D'un seul coup, alors je tentai de bloquer son attaque, il fit voler mon épée en morceaux. De par la force de l'impact, je perdis équilibre et je m'effondrai sur le sol humide.

- « Est-ce que ça va ? Par chance que ce n'était qu'un essai ! As-tu vu ? Ton bout de bois s'est littéralement brisé en deux !

- Merci ! Lançais-je sarcastique. Ma chute n'a fait qu'augmenter ma douleur au bras droit. Étais-tu dans l’obligation de frapper avec tant de force ? Il ne s'agissait que d'un essai !

- Désolé, je ne maîtrise pas toujours ma force. Veux-tu continuer à te pratiquer ?

- Non, je dois filer, le soleil commence à se coucher, la nuit va bientôt tomber. À demain !

- Demain, si tu veux, tu peux revenir pour continuer à t’exercer. Je serai là !

- Ne pense pas me revoir, marmonnais-je entre mes dents

- À la prochaine ! »

Chanceux de Seirk ! Il était vachement costaud pour un apprenti de 15 ans. Il brisa mon arme d’un seul coup et il affirmait qu’il ne maîtrisait pas sa force. Je ne pouvais le croire. Seirk était de nature orgueilleuse et vantarde et adorait prouver sa supériorité aussitôt qu’il en avait l’occasion. Je l’enviais … Comme je voulais acquérir sa fureur et son talent ! Incapable de contrôler sa force … voilà bien une chose qui jamais ne risquerait de m’arriver ! J’aurais bien aimé moi aussi démontrer mes habiletés, ma suprématie, mais hélas, il n'y avait point de domaine dans lequel j'excellais.

La fraîche commençant à envahir les rues, je dus rapidement rentrer à la maison. En route, je réfléchis longuement, je machinai divers plans : je devais trouver une façon d’expliquer mes blessures sans faire mention de mon illégale intrusion dans la cathédrale. Au bout de nombreux pas et de nombreuses explications manquant de crédibilité, je pénétrai en ma demeure. Père était à table, il dégustait gloutonnement son repas, un de ces poulets graillon qu’on lui donnait parfois en offrandes pour se faire pardonner diverses impuretés. Il s’empiffrait, il se hâtait à dévorer la volaille en noyant le tout d’un des fins vins de son cellier personnel, ce nectar des hauts bourgeois que jamais la langue du paysan acharné n’eut le plaisir de goûter. Lorsque venait le temps de manger, père perdait toute la classe et la dignité dont il pouvait faire preuve devant les foules. Il se goinfrait à la vitesse de l’éclair, il éructait bruyamment et s’essuyait bouche et doigts sur la blanche dentelle de la nappe. Dire que jadis il m’apprit les bonnes manières à table pour ne point faire mauvaise impression devant la royauté … Manger semblait être sa passion et sa corpulence le confirmait. Alors que ce sale prêtre joufflu dévastait le lot de pommes de terres cuites de son assiette, je rentrai en me dirigeant aussitôt vers l’étage. Je n’eus point franchi le seuil de la porte qu’il s’empressa de me questionner sur les causes de mes plaies.

- « Fils, quelle est la cause de ta blessure ? Me dit-il la bouche pleine.

- Je me suis blessé lors d'une pratique de combat. Mon adversaire me donna un rude coup sur la main avec son arme de bois et j'ai commencé à saigner.

- Comme ce serait dommage que cette blessure mine à jamais ta brillante carrière de chevalier ! Dit-il sarcastique. Je serais tellement attristé ! Avant de t'affaiblir davantage, renonce à ces projets ridicules et joins les rangs ecclésiastiques. Tu pourras ainsi éviter l'humiliation de perdre un combat devant une aussi grande foule.

- Ton ironie ne me fera point changer d'idée. J'ai mes rêves et je veux les réaliser. Ni toi ni personne ne m’empêchera d'accomplir ma destinée de guerrier de la foi. Je suis plus déterminé que jamais ! Je n'ai qu'une envie : quitter cette ville et me vouer à la noble cause de la lutte éternelle contre l'hérésie. Je n'aurai plus à entendre tes monologues dépourvus de sens et de valeur. Le pouvoir est une chose, une chose qui ne m'intéresse pas, pas de la façon dont tu l'exerces. Je préfère triompher de mes adversaires plutôt que le d’exploiter les miens ! Lorsque je serai nommé chevalier, je quitterai Celtaiy à tout jamais et plus jamais je ne te reverrai !

- Combattre l’hérésie ?! Dit-il en ricanant de son rire gras habituel, aussi méprisable et désagréable pouvait-il être. Comment pourrais-tu combattre l’hérésie alors que tu oses traiter les prêtres de sales manipulateurs ? Tu insultes les porteurs de la parole divine et tu as l’audace de dire que tu veux être un guerrier de la foi !

- Les chevaliers sont de preux combattants, des êtres dévoués qui consacrent leur vie au divin, qui se donnent corps et âme pour répandre la lumière sur le monde. Et que fais-tu toi ? Toi et tes amis du clergé ? Tu passes tes journées entières à endormir les gens, leur crachant au visage, les regardant de haut en te gavant des dons que ces miséreux te font pour se faire pardonner leurs péchés ! Jamais tu n’as aidé la cause du divin, tu ne fais que profiter de sa parole pour t’enrichir et te remplir l’estomac. Tu n’es qu’un faible froussard qui avait peur de braver l’ennemi et qui tente de masquer sa faiblesse sous de soyeuses soutanes. Si tous ces lâches de chanoines et d’évêques avaient pris le glaive au lieu du livre dont ils ne font que répéter les écrits, peut-être que la foi aurait finalement vaincu l’hérésie depuis des lustres !

- Sale fils indigne ! Cria-t-il en donnant un coup de poing sur la table qui fit sursauter la coutellerie et qui permit au rouge vin de souiller la nappe. Sale hérétique ! Désires-tu connaître l’épopée des chevaliers ? Ils vont tous au combat sans jamais en revenir. Sache qu’il faut bien des gens réfléchis pour les guider, pour leur inculquer cette bonne parole qu’ils doivent livrer au monde entier. Charogne de fils ! Tu te crois supérieur, tu crois que seuls les chevaliers sont dignes de défendre le Suprême, mais tu es encore plus médiocre que ces lardons d’orphelins qui nettoient les rues. Tu n’es qu’une sale merde qui ne respecte pas les divins commandements, qui n’honore pas son paternel ! Imbécile d’hérétique qui se croit porteur de foi !

- Les chevaliers sont d’honorables combattants, ils connaissent la gloire, tous les reconnaissent. Et toi qu’es-tu ? Une vulgaire larve misérable sans honneur et sans prestige qui suce richesse dans la besogne de tous, qui tente de s’approprier le travail épique des héros ! Je connaîtrai la gloire, les honneurs, je gravirai les échelons, je monterai dans les rangs et je serai reconnu à ma juste valeur, je surpasserai ce père indigne dont la paresse ne fait que tarir la noblesse de ce sang que nous nous transmettons de génération en génération.

- Qu'importe ! N'aie pas trop confiance en toi. Tu sais très bien que tu es trop peu habile de ton corps. Tu devras faire face à l'échec et te repentir au destin que je t'offre. Change d'idée avant qu'il ne soit trop tard ! Les religieux sont exemptés de l'épreuve et mènent une excellente vie ! Si ton vœu est de mourir dans de longues souffrances avec l'arme d'un hérétique traversant ton corps maigrelet, tu peux continuer de le désirer ; je ne te laisserai jamais l'accomplir. Je n'ai rien à faire pour t'y empêcher : tu ne seras pas nommé chevalier de toute façon, ta blessure te nuira au combat et ton adversaire partira avec une longueur d'avance. Après ton amère défaite, tu ramperas à mes pieds pour prêcher la foi à mes côtés, les combattants te mépriseront, ils riront tous de ta faiblesse, ils te rabaisseront au point que tu en pleureras telle une fillette ! Constate dès maintenant l'erreur que tu commets avant qu'il ne soit trop tard ! Tu... »

Je ne pouvais en entendre davantage. Je ne dormirai point chez moi. Je ne pouvais croire que cette infâme lavette lâche et crasseuse était mon père et qu’il tentait exaspérément de me faire perdre espoir. Un père, n'est-ce pas une personne qui se doit de vous aider, de vous encourager ? J’enviais les autres, j’aurais nettement préféré devenir orphelin et vivre dans l’Apprentissarium finalement. Je ne supportais plus cet enfer verbal que cet homme me faisait subir. Ne pouvait-il pas me soutenir ? Je crois que cette absence d'appui expliquait mon manque de force, ma faiblesse. Les autres enfants n'avaient peut-être personne pour les épauler, mais nul ne les démoralisait. La froideur de la nuit commençait tranquillement à envahir les lieux et je devais me réfugier à quelque part. Je cheminai alors dans les ruelles de Celtaiy pour rejoindre la maisonnée de mon fidèle ami Seirk, ce seul proche qui m’encourageait. Néanmoins, je ne voulais pas le déranger, troubler son sommeil pour qu’il m’héberge pour la nuitée. Je me glissai derrière la porte de la petite écurie de son père et je somnolai confortablement, tapi dans le foin de la grange. Personne ne me vit et je m’endormis, cette rage envers père n’aidant pas à trouver la quiétude nécessaire aux ronflements.

* * *

Heureusement que le père de Seirk ne possède pas plusieurs bêtes, je pus ainsi dormir sans être incessamment dérangé par le hennissement de multiples montures. Il n’y avait que le cheval de mon ami qui me tint compagnie, bien tranquille entre les murs de son enclot. Je quittai les lieux avant que Seirk sorte de sa demeure. Je ne voulais point le voir aujourd’hui, je n’allais guère me pratiquer avec lui. La honte m’accablait trop pour oser lui demander encore astuces, il eut trop blessé mon orgueil pour que je me rabaisse à lui quémander conseils. Sans oublier que ma main droite continuait à m’être souffrante. Ma chute de la veille ne sut qu’aggraver ma douleur en dégradant ma situation. Je n’avais guère la tête à penser à l’épreuve du lendemain et je ne voulais pas revoir ce compagnon qui définitivement n’allait guère avoir de difficulté à se faire nommer chevalier.

Je parcourus donc les rues de Celtaiy, en quête des actions que j'accomplirai en ce jour. Je tournai à gauche, à droite, je marchai sans connaître ma destination finale. Chaque intersection était un autre lieu où je laissais au hasard le soin de me guider. Je me retrouvai alors devant la cathédrale de Cilenne, ce temple source de ma blessure, source de mon éternel questionnement sur la vie extérieure, détenant la réponse, mais m'empêchant d'y avoir accès, la gardant tel un ultime trésor que personne ne devrait découvrir. Le son de ses cloches fit naître en moi une certaine remise en question, des interrogations sur ma destinée. Si père avait raison après tout, peut-être que je devais me joindre à ses côtés? Jamais je ne fus habile et fort, peut-être que le combat n’était pas pour moi ? Qui sait, peut-être étais-je plus apte à diriger les armées qu'à en faire partie ?

Non, non et non. Je ne pouvais pas y croire ! Il était parvenu à faire naître le doute dans mon esprit ! Père était un lâche, je ne voulais pas suivre ses pas. S'il fut trop trouillard lorsqu’est venu le temps de démontrer ses talents à l'épreuve ultime, ce fut son choix. Je me devais de lui montrer que je n’étais suis pas comme lui, que j’étais courageux, fort et que j’allais réaliser mon rêve, que j’allais réussir mon épreuve et un jour les honneurs allaient pleuvoir sur moi. Pendant un instant, j'eus cru que ma destinée serait meilleure à ses côtés. La colère qui me prit en ce moment me mit hors de moi. Je ne pouvais plus me permettre de douter. Je me dirigeai alors vers les forges de la ville, d'un pas décidé, histoire de me convaincre de la rectitude de mes désirs de toujours.

En ces lieux, je retrouverais la raison, ma raison. Je vis là les enfants nettoyer les rues crasseuses, suer à une tâche humiliante et dégradante. J'avais pitié d'eux, je les plaignais. Je ne pouvais pas croire que ces enfants avaient eux-mêmes échappé au rêve de devenir chevalier, de s'être eux-mêmes mis à ces corvées inhumaines. Un garde surveillait leurs travaux, les fouettant en leur criant des injures, les traitants comme les rats qui leur portaient compagnie. Je repris ma raison. Ce combat scellerait ma destinée après tout. Je ne pouvais pas me désister. Même si père m'offrit un emploi que ces gens envieraient, j’allais être aussi honteux de pratiquer l'un ou l'autre.

Je regardai les forgerons à l’œuvre. Je pus d'ailleurs voir le fruit de leurs efforts, de loin plus appréciable que celui de ces piteux enfants. J'entrevis l'armement des chevaliers. Je repris alors confiance en mon désir. La lumière reluisait sur la surface polie de ces protections, de mille feux. J’aperçus aussi les incontournables épées, si belles, si meurtrières, si désirables. Symbole même de la puissance, engin de mort, délivrant ces terres des hérétiques, arme et âme de tout homme courageux, vaillant et dévoué. Bref, l'arme du chevalier. Comme je désirais posséder une de ces merveilles ! J'eus la tentation de m'infiltrer dans cette fonderie et de prendre dans mes mains ces objets de désir. Je n’en fis rien. De toute façon, quand j'allais posséder mon épée à moi, je n'éprouverais plus ce besoin, j’allais détenir un fidèle glaive que j’allais chérir plus que tout au monde.

Je ne voulais pas revoir Seirk, je souhaitais être seul en ce jour ou mon esprit était plus confus qu’il ne pouvait l’être. Je me pratiquai alors contre un opposant de mon calibre : mon ombre. Au bout d’une période courte à mes yeux, mon adversaire c'était fondu avec la noirceur environnante et je dus cesser mes activités. Le temps avait filé à une vitesse folle. Peut-être que mon ombre se fatigua autant que moi après une si longue période ? Je croyais tout de même avoir réussi à améliorer ma technique, à parfaire ces manœuvres que j’exécutais malhabilement. Peut-être eus-je l'air plutôt ridicule de donner des coups de branche dans le vide, mais j'avais retrouvé ma confiance, c'était ce qui comptait. Ce n’est pas toujours la façon de réaliser un acte qui en détermine la valeur, mais bien plus le résultat obtenu au bout du compte.

Je pris alors la décision de ne plus revoir père vu qu'il avait réussi à me déstabiliser. Je ne pouvais admettre que je pus croire un instant qu'il avait raison. Un être aussi répugnant ne méritait pas mon attention, ne valait point la peine d’être considéré. Cela ne m'empêcha point de dormir chez lui ! Le foin de l'écurie était confortable, mais celui de mon lit l'était davantage. Je réussis à rejoindre ma chambre du deuxième étage par l'extérieur, en grimpant sur la surface rugueuse et irrégulière de sa demeure. Je me glissai dans la pièce et je m'infiltrai dans mes draps, le sommeil ayant pris possession de mon corps en un temps record.


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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Lun 19 Fév à 19:28

J'aime! Un peu fatiguant à lire face à un écran, mais captivant. Ca donne envie de connaitre l'évolution du personnage...
Y as-tu intégré des éléments autobiographiques? Je ne sais si je me trompe, mais l'on pourrait prendre Celtaiy comme ta vision du monde : corrompu et entravant... Un monde plein d'illusions aveuglantes, auxquelles tu aurais longtemps cru, mais dont tu aurais percé la véracité brutalement, comme ton héros... Peut-être une envie de changer le système? De revenir à des valeurs empreintes de noblesse?
Cela n'est qu'une interprétation, et, si elle est fausse, c'est du moins de cette manière que je vois ton histoire... et ca me plait. Je vais suivre ce topic de très très près Smile
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Mar 20 Fév à 17:25

Merci beaucoup de me livrer tes impressions Sparkling Romance Mr.Red Je suis de savoir que mes écrits puissent te plaire. Smile

Si j'y intégra des éléments auto-biographiques ? L'histoire d'Errythos n'est guère la mienne (Heureusement lol), mais cependant, je confirme, mon personnages partage par moments les mêmes visions que son créateur. Ce n'est guère difficle de créer un univers moindrement sombre, l'humanité et la société en soit l'est bien suffisement et s'avère plutôt inspirante lol. J'admet bien un jour m'être heurté à de cruelles déhillusions cependant ...et je me plais à faire subir pareils supplice à mes perso parfois Twisted Evil ( Et oui, en moi règnent quelqes onces de sadisme Wink )
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Mar 20 Fév à 19:36

fleur1

Allez, vite, la suite!! Je veux lire ces supplices machiavéliques iconD1 - ca permet aussi d'évacuer l'émotion causée par ses propres désillusions...

Et qu'ca saute, mat'lot! Et un bagage prioritaire, un!

[délire interrompu par une soudaine envie de dormir...]
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Mar 20 Fév à 20:35

Very Happy Dieu du ciel ! Elle se fait autoritaire cette chère lectrice quand elle le veut ! mdr D'accord, le voici ce paquet prioritaire ! Le chapitre 3, dernier que j'eus le temps de recorriger, qui est aussi une belle preuve de supplice machiavélique Twisted Evil lol

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Chapitre 3
L'ultime combat

Le grand jour arriva finalement. Je quittai mes rêves pour aller en réaliser un. Dans peu de temps, j’allais être nommé chevalier, fort probablement. J'avais repris cette confiance en moi que mes maladresses me firent perdre, je me sentais prêt à affronter tous les troubles du monde, un être invincible qui n’allait point subir les caprices du destin. J'avais le pressentiment que je sortirais de cette épreuve triomphant alors que mon adversaire connaîtrait la honte de sa vie, cherchant à se fondre parmi le décor pour retrouver progressivement une certaine dignité.

Durant mon sommeil, je me vis remporter la victoire, recevoir les honneurs, mes armes. Je m’imaginais combattant les hérétiques aux côtés de Seirk et de Krob, les épatant de ma force acquise, de mon agilité. Je rêvai de toutes les créatures que j'assassinerai, à tous les paysages, splendides et horribles, que je pourrais contempler. J'avais l'impression de combattre sur les lieux, de vivre ma vie en tant que chevalier jusqu’à ce que mort vienne mettre fin à cet idéal enfin rejoint. Pourquoi fallut-il que les satanées cloches de la cathédrale de Cilenne me plongent hors de cette réalité ?

Je suivis un des premiers conseils que Krob nous donna : de ne jamais commencer la journée avec l'estomac dans les talons. Père devait endormir ou hypnotiser son auditoire dans ce temple sacré à ce moment-ci. Je me permis alors de lui voler quelques virtuailles. Après tout, je ne lui avais pas officiellement annoncé ma fuite, je lui eus seulement exprimé mon désir de ne plus jamais revoir son visage joufflu éclairé de son méprisant sourire, ce qui était très différent. Je me régalai d'un pain frais que je trouvai, couvert d’une gelée de petits fruits que je dérobai à père. Même si ces délices de la nature ne poussaient que discrètement dans les recoins inconnus de Celtaiy, père en possédait une excellente préparation. Effectivement, il en posséda une… je vidai le contenu du minuscule pot, sans modération, recelant cette délicieuse mixture sucrée que mon paternel m'empêchait de déguster, tel un renard affamé s’infiltrant dans un poulailler que nul ne surveille. Il ne pouvait point me réprimander s'il ne me voyait plus ! Hum ! … il est vrai que plus jamais cet indigne n’allait me revoir. Là se présentait une occasion inouïe de m'enrichir de ces biens qu’il détroussa au peuple. Je me rendis dans sa chambre et commençai à chercher, ratissant les moindres recoins de la pièce à la recherche d’un quelconque trésor. Je contemplai ce refuge personnel et j’en déduis l’évidence : il n’y avait guère mille endroits où richesses pouvaient être cachées, je ne voyais que cette lourde et imposante armoire de noyer qui protégeait peut-être des objets de valeur. Je l’ouvris, mais n'y trouvai point d’articles dignes de mon intérêt. Je pris quelques pots de ces succulentes sucreries de haute gastronomie, lui volant ses péchés de gourmandise. Des soutanes, que des soutanes, qu’avais-je donc à faire de ces soutanes ? En les remuant, je découvris, sous la pile de pièces textiles, d’étranges et intrigants manuscrits. Je n'avais guère le temps de les lire, je devais filer à l'Apprentissarium, mais ils étaient si particuliers, si mystérieux … ils attisèrent ma curiosité. Je ne pouvais les déchiffrer, mais ces écrits que jamais je ne vis me semblaient familiers … je n’hésitai point un instant de plus, je les pris les lire en un moment plus opportun. Normalement, les cloches devaient sonner d'ici peu, je me hâtai donc, accourant dans les rues presque désertes pour arriver à bout de souffle à la porte principale de l’école, la langue pendante au sol.


Mon arrivée concorda avec le son des cloches. Je me rendis aussitôt dans la grande salle de l'immeuble où déjà plusieurs élèves y étaient rassemblés. Comme je me mourais d’envie de quitter ces lieux et de ne plus jamais les revoir ! Non seulement mon sort allait enfin être scellé, mais aussi l'ambiance de la pièce était étouffante et je ne voulais qu’en sortir. Tous ces gens entassés les uns par-dessus les autres transpiraient leur anxiété et tremblaient cette angoisse qui les envahissait, participant à l’amplification de cette chaleur tout aussi insoutenable que l'odeur. Des centaines d'apprentis étaient réunis dans cette salle, attendant tous impatiemment l'arrivée des maîtres. Pour la première fois, le commun des élèves était présent dans pièce, en un seul endroit. Je ne connaissais guère les autres enseignants vu que je n’eus l’occasion d’êtres sous leur sage parole. Mon unique certitude face à ces maîtres se résumait à l’excellence et la suprématie de Krob sur ces confrères, selon moi. L'Apprentissarium était un édifice tellement imposant et vaste que je vis en ce jour de nombreux apprentis dont l'existence m'échappait. J'ignorais qu'il y avait plusieurs instructeurs, plusieurs classes qui se déroulaient en même temps et qu’il y en avait si grand nombre !

Je scrutai la large pièce d’un œil attentif, observant ces masques de peur, de nervosité et de fébrilité à la recherche d’un visage familier. Au fond de la salle, perdu au coeur des graciles et des trapus, j’y reconnus Seirk et le rejoignis aussitôt. Il semblait moins bavard et fier en ce jour. Sa servitude aux tracas et à l'inquiétude se sentait dans son regard détourné et sa voix tremblotante, celle du guerrier en manque de conviction en son potentiel. Me heurtant au silence de l’apeuré, j’introduisis alors la conversation :

-« Tu sembles inquiet, toi qu'il y a deux jours semblais si sûr de toi ! Que s'est-il passé?

- J'ai le droit d'être angoissé comme tout autre, dit-il d'un ton insécure. N'oublie pas que nous ne connaissons pas nos adversaires ! Parmi tous ces élèves que je viens de voir pour la première fois, certains me font peur.

- Comme lequel, dis-je d'un étonné ?

- Regarde dans le coin à droite, as-tu vu d'autres apprentis de cette taille ? Il est terriblement grand et costaud ! Je commence seulement à douter, je crains de devoir me mesurer à un géant ou à un guerrier plus habile que moi… un peu comme ce titan.

- Certes, tu peux aussi combattre des élèves plus faibles, moins habiles. Être toi, je ne serais pas inquiet.

- Parlant d'inquiétude, tu gagnas de l’assurance depuis la veille !

-Personnellement, je ne me souci pas vraiment de mon adversaire, je repris totalement confiance en mes moyens. Oh silence ! Les maîtres arrivent. »

Dès leur arrivée, tous se turent. Un des maîtres, dont j'ignorais le nom, ordonna à tous les apprentis de se regrouper près de leur supérieur, en rangs. Moi et Seirk rejoignîmes aussitôt Krob. Celui-ci sortit un parchemin et nota les absences, rayant le nom de chaque élève présent et prêt à devenir un homme. Lorsque les présences furent prises, Krob lança un troublant message à l'auditoire

- « Silence ! Écoutez, chaque maître nommera des apprentis, des apprentis absents. Si jamais vous voyez un de ces élèves, avertissez-en les autorités. Sachez que leurs têtes sont mises à prix et qu'ils doivent être retrouvés morts ou vifs! »

Krob ne nomma aucun élève, tous ses disciples étaient présents… néanmoins de corps. Seulement six têtes furent mises à prix, ce qui était peu sur un total des quelques centaines d'apprentis. Je ne pouvais en croire mes oreilles ! Je connaissais l'obligation de participer à l'épreuve, mais j'ignorais que l'absence pouvait mener automatiquement à la mort de ces fautifs ! Si père voulait que je me joigne aux rangs ecclésiastiques avant l'épreuve, désirait-il ma perte ? Comment évita-t-il cette confrontation fatidique sans voir sa capture synonyme d’une récompense monétaire ? Je n'eus pas le temps de me pencher davantage sur la question que Krob continuait son discours.

- « Venez, nous devons nous rendre à l'arène royale. La foule vous attend. N'essayez pas de fuir, nous serrons escortés par des gardes de toute façon. »

Nous nous rendîmes au dit lieu, avec une imposante armée empêchant presque à coup sûr tout élève de fuir. Nous parcourûmes les étroites rues menant à l'ultime destination d'un pas militaire, silencieusement, intimidés par les gardes et leurs regards avertis. Les multiples ruelles, criantes de leur omniprésence, offraient diverses échappatoires. Je remarquai qu'un jeune téméraire tenta d'y trouver son salut. Il y trouva plutôt la mort. Un des nombreux soldats, sous la force de l'impulsion, le rattrapa à toute jambe, leva son épée et, d'un seul coup, lui trancha brutalement la gorge, si violemment que la tête du jeune homme se détacha instantanément de son corps, et tout cela, devant nos yeux horrifiés. L'escorteur regarda son innocente victime étendue sur le sol en essuyant son arme, affichant un léger sourire du travail accompli et reprit aussitôt les rangs ainsi que son regard glacial. Le fugitif eut à peine le temps de souffrir et de pousser un intense cri de peur et d'effroi, un de ces cris marquant à coup sûr la mémoire de tout homme. Le silence se répandit dans la foule aussi vite que le sang du jeune défunt sur le pavé. Tous restèrent bouche bée. Pourquoi lui avoir enlevé la vie ? Voir un apprenti s'échapper constituait une des insultes les plus offensantes possible de faire à un chevalier accompli, mais aussi un acte des plus traumatisants possible de montrer à des chevaliers en devenir. Je savais que pareil comportement méritait châtiment… mais pas un tel châtiment. Étonnant de constater qu'un garçon fuyant les cours se retrouvera à laver les bas fonds de Celtaiy et qu'un autre fuyant l'épreuve, lui, se valait une aussi cruelle exécution. Il fallait s'y habituer, la mort d'un des siens constitue le quotidien de tout guerrier, mais je n’espérais guère y être si tôt initié.

La herse de l'entrée sud du palais s'ouvrit devant nous, grinçante de son âge. Les jardins royaux, unique distance nous séparant de l'arène, se révélèrent à nous dans la grâce et l’allégresse des ces joyeux floraux faisant bien souvent l’orgueil de la cour. Je contemplai ces oeuvres botaniques d’un œil fasciné et captif des détails précis de chaque parcelle de nature que jamais je ne pus voir auparavant. La splendeur des plates-bandes de Sa Majesté était un privilège que seuls les hommes pouvaient admirer, et ce, une seule fois dans leur vie, au moment de l’ultime épreuve. Seirk semblait indifférent à la beauté qui régnait aux alentours, comme tous les autres qui ne daignaient regard à ces perfections que plus jamais ils n’allaient pouvoir revoir. Moi, spectateur séduit, j'observai chaque fleur que je pus apercevoir avec fascination, humant le doux parfum que mes narines pouvaient capter au travers de la transpiration anxieuse qui imprégnait les rangs. Voilà bien un des rares aspects de la "nature" que j'eus l'occasion de voir à ce jour. Je remarquai aussi le travail de quelques femmes, s’occupant de ces végétaux avec la plus maternelle attention, ciselant les tiges pour en confectionner d’énormes et colorés bouquets et recueillant les graines pour les ensevelir dans la brune terre. Il s'agissait là de la tâche la plus gratifiante qu'une dame puisse exercer entre les murailles de Celtaiy. Ces plantes furent rapportées par des marchants ou des hommes assurant le ravitaillement des troupes. Je crois d'ailleurs que certaines jardinières royales accompagnaient ceux-ci lors des expéditions expressément pour effectuer la cueillette de ses joyaux de la terre, récoltant les rares espèces pour les ajouter à cette grandiose collection qui s’étendait sous mes yeux ravis. Je jetai un dernier regard sur ces jardins, antichambre des lieux de confrontation, car nous voilà rendus dans l'arrière-scène de l'arène.

* * *

La nervosité commença à me regagner légèrement, partant de mes pieds tremblant, me traversant de frissons tout au long de ma colonne pour finalement me faire claquer frénétiquement des dents. Ma bouche frémissait à tel point que j’eus peur d’en user mon émail. Alors que tous tremblotaient tels des feuilles, nos maîtres remirent à chacun un bout de parchemin portant comme seule inscription un nombre. Je regardai le mien : 6. Krob annonça immédiatement la procédure à suivre en vue de la confrontation :

- « C'est très simple. Le numéro 1 doit combattre le numéro 2, le numéro 3 fera face au numéro 4 et ainsi de suite. »

Je remarquai avec horreur que Seirk détenait le numéro 5. Aussitôt, nous nous regardâmes dans le blanc des yeux, inquiets et victime d'un sort cruel. Comment pouvions détenir ces numéros, ces stupides numéros consécutifs ? Dans peu de temps, nous allions devoir nous combattre l'un contre l'autre, plonger l’amitié au centre d’une lutte acharnée en vue d’un digne destin et des honneurs. Pourquoi forcer deux amis à jouer leur avenir ainsi, les faisant rivaux pour la qualité d’une entière vie ? Quelle inhumaine cruauté ! Nous regardâmes les premiers combats, mais je n'y portais point attention, seul le sort de moi et mon copain occupait mon esprit. Les deux premières batailles filèrent trop rapidement et notre tour arriva, comme ces maintes choses désagréables qui ne peuvent être contournées. Krob annonça d'un ton sec :

-« Numéro 5 et 6 ! »

Nous nous rendîmes à ses côtés. Étonnamment, nous fûmes trois à nous y présenter. Krob leva un sourcil et déclara, d'un ton étonné et autoritaire :

-« C'est impossible ! Montrez-moi vos numéros ! »

Nous échangèrent des regards. Il me regarda d'un ton accusateur et je l'observai d'un air étonné, du moins je le crois.

-« Imbécile, ce n'est pas un 6, c'est un 9. Tu ne sais pas lire ! Le point sous le chiffre n’est pas là en guise de décoration. »

Je tassai mon pouce et découvris ledit point en totalité. Ce stupide doigt en cachait une partie et me causa trop de soucis. Je tournai mon papier et vis le 9. Je me contentai d'offrir à Krob un sourire niais et béat comme excuses dignes de ma sottise. La simple joie de savoir que je n'avais pas à combattre Seirk apaisa mon esprit troublé. De toute façon, il serait sorti glorieux de l'échange, sa force supplantait de loin la mienne et les essais des jours précédents en témoignent. Je poussai un soupir de soulagement : je n’allait point lutter contre mon meilleur ami. Néanmoins, je le vis combattre en gladiateur, observant mon camarade à l’œuvre.

Seirk se débrouilla à merveille ! Son adversaire n'était pas de taille, il n'était qu'un jeune garçon chétif et faible au profil squelettique et étiolé. Je regardai la confrontation, empreint de l’animosité régnant dans les lieux sous les clameurs de la foule . Mon ami était tellement adroit ! Il esquiva sans trouble les attaques adverses et son opposant peinait à contrer celles de mon frère d’arme. Il y parvenait de justesse et chaque fois, je croyais que la victoire de mon compagnon venait d'être décrétée. Le frêle compétiteur s'essouffla rapidement et le succès de Seirk devint une évidence. Il lui affligea alors le coup de grâce. Comme il y a quelques jours, il abusa de sa force et fracassa l'épée de l'adversaire. Celui-ci le regarda, balbutiant son étonnement et pleurant son amère défaite. Seirk leva les bras hauts dans les airs, regardant l'auditoire sous tous les angles pour en recueillir les ovations. Il gagna sa brillante carrière


Dernière édition par le Mar 20 Fév à 20:44, édité 2 fois
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Saulz
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Mar 20 Fév à 20:35

Les deux gladiateurs réapparurent dans l'arrière-scène. Seirk accompagna un des instructeur qui le mena à l'estrade pour maintenant observer les combats du haut des meilleurs sièges en attendant son assermentation. Le combattant déchu fut lui aussi escorté d'un maître vers une pièce inconnue, dans les profondeurs obscures des lieux. Je l'entendis ensuite hurler, sans en connaître la cause. La confrontation suivant se déroula à la vitesse de l'éclair et le mien arriva.

Krob annonça alors les numéros 9 et 10. Je vis enfin mon adversaire. C'est simple, j'en perdis la parole. Il s’agissait du géant que Seirk me montra quelque temps auparavant. S’agissait-il d’un fils inconnu de Krob ? Mes yeux arrivèrent au sternum du colosse. Je les levai et croisai les siens. Il me regarda, leva le menton et expira un souffle de supériorité suivi de quelques insultants marmonnements exprimées de par sa voix rauque et grave.

- « prêt à souffrir ? Prêt à connaître la honte de ta vie ? »

J'eus difficulté à interpréter ces paroles tellement le ton de sa voix me fit hérisser les poils. Je ne pouvais croire qu'un tel titan soit de descendance humaine. Je ne lui répondis pas, je n'avais guère besoin d'être humilié davantage. Mon pauvre moral fut bien assez rabaissé à la simple vue de mon rival de toute façon.

On nous remit les armes. Alors que j'avais peine à garder mon épée de mes deux mains, les blessures à mon bras droit n’aidant en rien, mon adversaire la tenait d'une seule, exécutant ses prouesses du glaive que je ne parvenais à accomplir correctement. Peut-être était-il monstrueusement grand et musclé, mais cela ne lui garantissait aucunement agilité et vitesse. Nous entrâmes sans tarder dans l'arène, des gardes nous espaçant de la réglementaire distance. Nous nous retrouvâmes aux opposés du champ de bataille des gladiateurs, parés à combattre de toutes nos ardeurs … bien que j’ignorais si les miennes allaient suffire pour vaincre pareil bourru.

Le son de la cloche annonçant le début de l'ultime combat me fit sursauter. Dès la première seconde, je dus reculer. Le titan accourut vers moi l’arme haute en fonçant à vive allure, avec l’intensité du surpuissant en désir de faire souffrir gratuitement autrui. Alors qu’il la rabattu vers moi, je me penchai et roulai maladroitement sur le côté, évitant ainsi la première attaque. Mon cœur battait à tout rompre, je me sentais hors de moi comme si une force inconnue s'empara de mon corps. Je me sentis plus fort, prêt à tout, apte à désarmer ou frapper cet adversaire surhumain plus que jamais. Je tremblais cette nouvelle sensation, cette assurance énergique qui irriguait mon organisme. Certes, j'eus peur que la confrontation ait été brève, mais cette esquive me donna plus de confiance même si le combat était loin d'être remporté. J'utilisai la ruse. Je remarquai bien que ce colosse détenait un poids tout aussi colossal et qu’il éprouvait difficulté à se déplacer rapidement. Je pensai alors à attaquer son revers. Je me mus aisément vers son arrière, furtivement, dans l'espoir de conclure ce combat immédiatement. Un traître coup porté au dos d’un lent lourdaud : telle est la façon dont je voulais clore le duel.

Cependant, cette opération s'avéra plus difficile que je ne le crus. Qui dit grand corps dit aussi grands bras, proportionnalité oblige. Il donna un léger coup à l'aveuglette en ma direction. Que de chance ! Je m'apprêtai à le frapper lorsque son épée heurta la mienne. Je fus alors épargné de son arme, mais, de par sa force, je me retrouvai au sol. Je reculai un peu, sur mes quatre membres, et je repris verticalité au moment même où il me revit. Il s'approcha de moi, donnant de grands coups d'épée à l'horizontale dans le but de me blesser au passage. Je me baissai et m'avançai courageusement en sa direction.

Voyant mes actes, étonné de ma témérité, il porta un coup vertical. Je roulai vers l'avant et atterris entre ses jambes. Sa grandeur lui jouait alors un désavantage duquel je pourrais tirer la victoire : son glaive était trop courte pour lui. Du coup qu'il porta, il se pencha, ce qui me donna une chance en or pour le frapper, pour retourner en son arrière. Je me redressai et levai ma lame de bois de mes deux mains tremblante sous cette surcharge qu’était mon arme. Alors que ma lame allait estamper ses habits de la marque de mon triomphe, je reçus un violent coup de pied dans l'abdomen qui me jeta au sol. Il eut le temps de tourner la tête, de m'entrevoir et de réussir à me frapper d'une source de laquelle je n'avais point imaginé menaces. Ma respiration devenue difficile, je cherchai mon air. Même s'il m'avait blessé, sa victoire ne fut guère encore décrétée.

Le géant, pendant que je me relevais péniblement, en profita pour parer à son handicap. Il enleva sa ceinture, qui semblait d'ailleurs plus décorative que nécessaire et s'en servit tel un fouet. Incroyable. Il pouvait faire manier d’une main son épée, identique celle qui m'était si lourde, comme un jeu d'enfant en possédant en plus cette autre arme qui allait claquer ma peau pour la rougir au sang. Voyant la portée menaçante de son nouvel attirail, je pris la fuite, à reculons. Mes chances se réduisirent. Il avança, lentement, avec son outil de flagellation improvisé qu’il agitait en ma direction. Je commençai à douter à nouveau. Comment me porter à l'offensive alors que ce titan usait d’armes aussi déloyales ?

Je ne savais que faire, je ne pouvais réellement m’en approcher sans craindre d’être cible de ce fouet qui fendait l’air. Désespéré, je pris une poignée du sol sablonneux et je la lui lançai au visage. Stupide terre trop légère ! Ma tentative ne fit que naître un nuage de poussière qui ne se rendit point à destination .. Et qui n’apporta guère les effets escomptés. Je le vis, un malsain sourire aux lèvres alors qu’il usa de son fouet, se rapprochant de moi pour laisser chaque claquement résonner plus fortement dans mes oreilles pour m’avertir de la proximité grandissante du dangereux engin. Instinctivement, sans même réfléchir, je lâchai mon arme et m’agrippai à deux mains à cette lanière de cuir qui martyrisa mes paumes. J’avais mains sur son arme que je tirais de toutes mes forces. Il bascula légèrement vers l’avant, tentant de retenir sa malhonnête invention de son unique main qui en assurait la ferme poigne. Il ne voulait me céder sa ceinture, il me portait forte résistance de son unique main posée sur sa précieuse et malhonnête possession. Il contrait l’ensemble de mes forces d’un seul bras, aisément, facilement. N’y avait-il donc pas justice en ce monde ? Alors que ce duel pour posséder le fouet se poursuivait acharnement, je vis d’un coin du regard père devant l’un des bancs, debout. Sale démon, pourquoi vins-tu assister au combat, tu te devais de savourer ma déchéance ? Il se tenait droit, avec son habituel mépris pour finalement crier au centre du tapage :

- « Hé le grand ! Oui, le géant ! Je te le dis, le bras droit de ton adversaire est son point faible ! Tire vers la gauche ! Il aura mal ! »

Aussitôt que ces paroles furent entendues et comprises, mon ennemi suivit ce conseil fourni par ce père qui soutenait et encourageait mon opposant. Il donna de rudes et secs coups vers la gauche, obligeant mon bras droit à forcer davantage. La douleur s’aggrava, devenant insoutenable, chaque coup de mon rival semblait déchirer les fibres de mes muscles, m’arrachant les tendons pour m’affliger de souffrance que jamais ce bras n’eut connue auparavant. Je ne pouvais résister, ces maux dépassaient de loin les limites de mon endurance et ainsi … je lâchai prise. Vidé de cette dernière once d’énergie que je puisai pour oser espérer détrousser mon ennemi, je m’effondrai au sol, visage premier en ce terreau sablonneux sans avoir conservé la puissance requise pour me relever. La seule action que je pus accomplir fut de lever la tête pour voir de mon regard impuissant et défaitiste ce tyran rabattre son fouet sur mon dos, me mitraillant de coups, chaque flagellation me laissant échapper un cri pour traduire la vive torture que la cruauté du bourreau me faisait expérimenter. Ma peau semblait brûler sous les assauts, s’échauffer davantage pour finalement sentir un léger fluide éponger et humecter cette peau irritée tel un baume apaisant une plaie. C’était mon sang. Finalement, après une éternité d’inutiles et sadiques supplices qui ne purent que satisfaire la soif de violence du rustre, il rabaissa son épée de bois sur moi, pièce de résistance en ce festin de souffrances. Je poussai de tout cœur le suprême cri de ma chute, porteur de ma douleur physique et de celle de mon lamentable échec, une vocifération qui suscita un bref silence dans l’auditoire consterné. La cloche sonna alors, officialisant ma défaite.

Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ??? Pourquoi père assista à mon combat ? Pourquoi aida-t-il mon opposant ? Sans contredit, il fut source de mon échec. Je suis convaincu que, sans son intervention, j’aurais remporté le duel, j’aurais arraché ce fouet à mon adversaire et que peut-être que la balance aurait basculé en ma faveur . Je vis père et le colosse savourer leur victoire avec toute l’arrogance dont il était possible de faire preuve, me laissant moisir au sol tel un insecte que l’on écrasa sans effort. Je me relevai avec l’aide d’un garde, scrutant les estrades dans le but d'y apercevoir mon bon ami Seirk. Il me regarda, avec sa fierté de paon, du nouveau chevalier, me portant un regard désolé, rien de plus. Je me sentis alors abandonné, seul en ce monde où nul ne m’était sympathique. Je levai les yeux au ciel nuageux, avec désolation, la peine montant de mon cœur larmoyant pour embrouiller ma vision, honteusement. Pourquoi avais-je échoué ? Était-ce Dieu qui m’eut puni de m'être objecté au destin que je proposais père ? D’avoir contredit un homme de foi indigne de ce titre ? Néanmoins, je ne voulais laisser père savourer sa victoire trop longtemps. Je n’allais aucunement joindre la religion malgré tous les avantages que cela pourrait me rapporter. Dieu m'eut abandonné lâchement, comme mes proches. Je décidai alors que, peu importe les dangers qui m'y opposeront, j’allais quitter Celtaiy à tout jamais, au plus tôt possible, même si j’y risquais ma vie.

Je rentrai dans l'arrière-scène, gardant cette colère et cette peine en mon intérieur. Je me rendis, la tête basse, au même instructeur qui mena l'adversaire de Seirk à la pièce inconnue. Ce maître m’y conduisit alors que je marchais en fixant le sol pour masquer ma tristesse. J’apperçus alors la raison des cris que j’entendis avant mon combat. Je me trouvai dans une petite forge. L’autoritaire prit ma main gauche et ordonna au forgeron de s'approcher. Lorsque je vis le fer rouge, je compris immédiatement. Il s'apprêtait à brûler une partie de ma peau pour ainsi pouvoir connaître en tout temps ma défaite à cette épreuve. Le forgeron procéda. Je poussai moi aussi d'atroces cris, non seulement dus aux douleurs physiques que je ressentais, mais aussi par la douleur de savoir que cette brûlure permanente indiquerait jusqu'à ma mort l'échec de ma vie, que jamais je ne pus être un vrai homme, un chevalier. Ainsi, on imprima sur le dos de main le bris de mes plus précieux rêves, ces idéaux que jamais je ne pus rejoindre. Cette cérémonie me fit expulser des larmes de désespoir, malgré le peu de fierté qui me restait. Cette défaite me marqua pour le reste de ma minable existence, dans tous les sens du mot.

J'attendis la fin de ces épreuves avec les autres damnés dans une pièce obscure et froide. Après chaque combat, un additionnel déchu pénétrait dans cet antre d’indignation. Ce fut la première fois de ma vie que je vis des hommes pleurer. Jamais je n'eus cru cela possible. La pudeur nous empêchait de pleurer, surtout en public et ils atteignirent la pire bassesse pour en arriver là. À vrai dire, ce n’étaient plus vraiment des hommes, ils avaient échoué l'épreuve et étaient, au plus, des humains mâles que tous pouvaient regarder avec dédain et mépris. Ils pouvaient alors se permettre de sangloter, confirmant ainsi leur faiblesse. Certains ne pleurèrent point, ceux-ci voulant dès le départ pratiquer un métier autre que celui de chevalier. Un de ces anormaux me parla :

- « Je suis content. Je n'irai pas me battre et mourir au loin, je pourrai pratiquer l'agriculture. Ces leçons sont enfin terminées et je pourrai enfin faire ce que j'aime. Toi, que veux-tu faire ?

-... »

Il dut se heurter à mon silence, trouvant comme seule réponse qu'un timide écho de sa propre voix.

- « Tu voulais être chevalier ? Dis-toi que tu ne rates rien. Le métier de forgeron ou d'agriculteur est beaucoup plus appréciable. Tu verras !

- ... »

Cet étroit d'esprit, voyant que je ne voulais point lui causer, prit alors la sage décision de se taire. Je n'avais pas besoin d'entendre sa joie, elle ne faisait qu'attiser ma colère et ma peine. Malgré tout, je me retins de pleurer devant eux. J'avais encore ma dignité et mon orgueil en dépit de ma cuisante défaite. Un maître arriva avec le dernier apprenti déchu et nous dit, d'un ton rude et très autoritaire :

-« Écoutez-moi bande de sales pleurnicheurs, vous devez me suivre avec les gardes. Nous allons vous amener dans un grand chariot vers votre nouvelle demeure, celle où vous passerez le reste de votre vie. Allez sales incapables ! Dépêchez-vous ! »

Ses paroles ne me perturbèrent aucunement bien qu’elles eussent sonné telle une sentence à perpétuité. J'avais réellement l'intention de fuir Celtaiy et rien ne pouvait modifier mes plans. Je voulais cependant retourner chez père pour récupérer mes effets personnels avant de prendre le large sans jamais jeter le moindre regard sur ce honteux passé que je désirais par-dessus tout oublier. Je me rendis machinalement dans ce grand chariot couvert, entassé avec les autres et nous partirent alors vers ces lieux inconnus et misérables, à la découverte de ces milieux maudits où notre labeur ne servirais qu’à rassasier les mieux nantis.
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SR
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Mer 21 Fév à 6:45

Chouette, de la lecture!! J'édite ce post dès que j'en ai terminé avec mon colis ^^



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Tu vas être content. C'est pire que pour le deuxième chapitre, là c'est limite si je ne vais pas écrire la suite moi-même! Trop envie de savoir comment va réagir ton héros face à son destin. JeSors

Mais ca ne fait pas un peu gros, le fait qu'il croie d'abord avoir à se battre contre son meilleur ami (qui devient délicieusement un étranger par la suite), puis que son adversaire soit une brute animale? C'était un peu trop prévisible... Bon. On ne va pas chipoter. Après tout, le suspens m'a captivée Smile Finalement, après avoir réfléchi, voir ses conjectures se confirmer, c'est tout aussi succulent. On en vient à tenter de deviner les événements suivants, et, comme la tragédie, connaitre la fin n'empêche pas de savourer l'histoire.

Enfin si, on va chipoter raleur1 Quelques fautes d'orthographe et de grammaire... Si tu le souhaites, je puis les corriger, en surlignant de rouge mes modifications afin que tu puisses décider de ton approbation ou non sans perdre de temps. Après tout c'est ton texte.

Quant à la blessure du héros, je cherche encore des idées... Car il est vrai que donner des coups de poing dans une porte qui ne cède pas, c'est gros, très gros. Et puis, pourquoi ne pas tout simplement lui accoler une ecchymose spectaculaire à l'épaule? C'est moins beau, mais ca fonctionne. Non en fait. C'est vraiment laid. lol Ou bien inventer un mécanisme, qui blesserait quiconque s'évertue à ouvrir cette porte... Que sais-je.

Bonne chance pour le quatrième chapitre!
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Ven 23 Fév à 22:52

J'espère que ca pourra t'aider à corriger des erreurs....Si ca t'ennuis dit le moi. Je m'abstiendrais.....
J'aime beaucoup cette histoire. Il me reste le chapitre trois à lire. Mais le manque de temps me gagne. Je te lirai ce week end ou en début de semaine prochaine....

Citation :
Quel imbécile que j’étais

Quel imbécile j'étais.... C'est plus français....


Citation :
Je vous vous voir combattre avec fougue et violence

Je veux vous voir....

Citation :
il sa hâtais à dévorer la volaille

Il se hâtais....

Citation :
tu ne seras pas nommé chevalier de toute façon. Ta blessure te nuira au combat de toute façon

Tu fais une répétition ..."De toute façon". Ca fait un peu lourd en 2 phrases.

Citation :
avant qu'il soit trop tard ! Tu... »

Je crois qu'on dit plutôt : Avant qu'il ne soit trop tard....

Citation :
Les autres enfants n'avaient peut-être pas personne pour les épauler

N'avaient peut-être personne...

Citation :
Au bout d’une courte période, courte à mes yeux

Ne serais-ce pas mieux : "Au bout d'un période, courte à mes yeux....", ce qui éviterai la répétition de : courte
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Saulz
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Sam 24 Fév à 0:56

Cela ne m'ennuit guère, bien au contraire ! Surtout de pareilles fautes d'inattentions ... cassemur. Je veux tenter ma chance chez divers éditeurs, alors la correction de telles fautes n'est que bénéfique et fait toujours meilleure impression ! Smile Ne vous gênez aucunement pour toute critique ou correction, c'est bien une raison pour laquelle je vous partage ce texte ...

Content de vous voir me lire Mr.Red
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Angel
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Lun 26 Fév à 12:07

Voilà la suite des corrections. J'espère que ca t'aide... J'aime vraiment beaucoup ta façon d'écrire. L'histoire me passionne. Il me tarde de connaitre la suite, vraiment....


Citation :
- Certes, tu peux aussi combattre des élèves plus faibles, moins habiles. Être toi, je ne serais pas inquiet.

- Parlant d'inquiétude, tu gagnas de l’assurance depuis la veille !

-Personnellement, je ne me souci pas vraiment de mon adversaire, je repris totalement confiance en mes moyens. Oh silence ! Les maîtres arrivent. »

Je trouve que ca fait un peu bizarre : "être toi, je ne serais pas inquiet." pourquoi ne pas dire : "si j'étais toi...."

Idem pour : "parlant d'inquiétude, tu gagnas...". Pourquoi pas : "tu as gagné de l'assurance..."

"je repris totalement confiance en mes moyens"... "J'ai repris totalement...."

Tu vois, mais je trouve que ce passage est bizarre à lire. J'ai l'impression que les temps ne concordent pas. Je pense que le présent est le plus approprié.

Citation :
Alors qu’il la rabattu vers moi, je me penchai et roulai maladroitement sur le côté

"Alors qu'il la rabatti..." ou "alors qu'il la rabattai...."

Citation :
comme si une force inconnue s'empara de mon corps.

"Comme si une force inconnu s'emparai ...." Je trouve que ca sonne mieux.

Citation :
son glaive était trop courte pour lui

"trop court...."

Citation :
J’apperçus alors la raison des cris que j’entendis avant mon combat

"J'aperçu" ...un seul p.

Citation :
Ainsi, on imprima sur le dos de main

"Sur le dos de ma main..."
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Azariah
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Mer 28 Fév à 18:37

Bon avec les correction d'Angel je n'ai pas grand chose à ajouter...

C'est pour quand la suite ?
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Saulz
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Jeu 1 Mar à 23:08

La suite ? Elle est presque totalement corrigée ... elle sera là d,ici la fin de semaine ...
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Ven 2 Mar à 12:20

cassemur évidemment... pendant le week... quand je ne puis me connecter... TireLaLangue conspirateur tristeIcon1

humpf1

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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Ven 2 Mar à 16:17

[Mode Gamine/Flood on]

TireLaLangue

Tu n'auras qu'à imprimer le tout et bouquiner pendant quelques jours TireLaLangue

Moi je le lirai avant! Gnéhéhé Ooomm
En plus, ca retardera d'autant plus l'affichage de la Genèse sur mon écran... TireLaLangue (Décidément, j'aime ce smiley!)

[Mode Gamine/Flood off]



Oh oui la suite! Il me tarde de savoir si Errhytos va se rebeller et se faire écraser par un monde sans scrupules... Pressée aussi de savoir comment va évoluer sa relation avec son père.
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Ven 2 Mar à 16:27

pressé de savoir comment il va transformer la ville en corrida mouahah1

ah tu veux la jouer comme ça... ok...

*mode vamp susceptible psycho-rigide on*

J'ai déjà tout lu jusqu'ici, je fais comment pour imprimer ce que je ne peux pas voir ? TireLaLangue

Et moi je m'en fous parce que je vais prendre un bain de boue ce week TireLaLangue (moi aussi j'aime ce smiley)

En plus j'ai pas besoin de ton pseudo, il est trop long... à la limite je pourrai le donner à une alchimiste elfe noire mdr

*mode vamp susceptible psycho-rigide off*
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Sam 3 Mar à 17:59

**Mode paternel on**

Allez ! Pas de chicane dans cabane ! Si vous vous calmez pas un peu, je vous envoie tout les deux dans le coin avec une mornifle en arrière d'la tête !

**Mode paternel off** JeSors tusors1

======================================================

Chapitre 4
Vérités silencieuses


Le chariot s'arrêta devant une grande ferme. Je fus content de voir que nous étions restés à proximité de ma demeure et que je pouvais m'y rendre à pied, au prix d’en user mes chaussures. Avant de redescendre de la caravane où tous s’écrasaient les uns les autres, le maître nous annonça une nouvelle qui me redonna temporairement espoir:

- « Parmi les centaines d'apprentis qui ont participé au combat et qui ont échoué, nous en avons retenu une vingtaine qui fera partie des gardes, ceux qui démontrèrent leur talent et leurs capacités au combat. Voici les noms... »

Chaque nom sortant de la bouche de ce supérieur provoquait en moi une vive frénésie suivie d’une triste amertume. À chaque prénom, j’espérais y trouver mon salut, une carrière pouvant rassasier mes appétits d’aventure, mais je dus rester sur ma faim, me contenter de cette désolante et ennuyeuse profession que l’on me désigna. Je constatai malheureusement que mon nom ne figurait pas sur cette liste et je n’osais plus croire en pareille fortune, la destruction de si fragiles espoirs finissant bien par affliger l’âme d’une déception aggravant la déprime. J'ignorais que les gardes avaient tous échoué l'épreuve. Pourtant, il s'agissait d'un métier honorable de combattant où pouvaient se gagner gloire et prestige. De toute façon, je dus sortir de ce chariot, pour affronter mon destin. Nous nous trouvions dans une grande cour clôturée de hauts murs entre lesquels on cultivait la terre. Un officier arriva et nous annonça que cette ferme délabrée allait être notre lieu de travail pour le reste de notre vie, que notre sueur servirait à apprivoiser ce sol hostile et stérile jusqu’à ce que la mort nous délivre de cette éternelle besogne. Nous n’avions point débarqué que déjà nous entendions les fouets et les insultes fuser de toute part. Nous pénétrâmes en cette étable pour y retrouver nos frères d’esclavage. Je détestais l'odeur du site ! Moi qui trouvais que Celtaiy empestait de nature, je vis qu'il y avait pires cas auxquels mon nez de piètre bourgeois ne put guère encore s’habituer. Les portes se refermèrent derrière nous et un de ces agriculteurs nous expliqua les rudiments de son métier avec une passion que mon esprit désabusé ne pouvait comprendre. Comme première leçon d'élevage, il nous apprit à traire les vaches. Désolation ! Ce n'était aucunement mon domaine ! Je me penchai, saisissant deux des gluants trayons entre mes mains en répétant cette même gestuelle que ce maître paysan venait tout juste de nous enseigner. Alors que le fermier me récitait avec clémence diverses astuces pour opérer, un des cerbères de la cité continuait à rabattre son fouet sur mon dos rougi par ma dernière bataille. Aussitôt que j’eus conclu cette désagréable besogne, le garde s’empara du seau de lait en me criant diverses insultes critiquant ma lenteur. Je ne pouvais point supporter d’effectuer des travaux de ce genre et de devoir subir pareils supplices toute ma vie ! Si les autres avaient envie de moisir en ces lieux et d’obéir servilement, c'était leur choix. Je voulais quitter cet endroit le plus tôt possible pour y réaliser ces ambitions que l’on m’interdit injustement.

Déjà que la première corvée me dégoûtât légèrement, la deuxième ne me réjouit point davantage. Je dus ramasser le fumier de ces bêtes pour aller l'épandre dans les champs avec un inconnu compagnon. Quelle besogne fastidieuse et... emmerdante ! Non pas mon dédain qui me faisait détester ces tâches, mais bien l’ennui que j’éprouvais en les exécutant. Les odeurs excrémentielles transformèrent notre travail en un enfer olfactif dont je ne pouvais réellement échapper. Avec ce collègue, nous chargeâmes les matières fécales dans une brouette de bois qui ne semblait être retenue de justesse par quelques clous rouillés. Nous accomplîmes divers aller-retour, véhiculant ce paradis des mouches vers les terres pour l’épandre et le mélanger à ce sol pauvre dont l’improductivité causait déjà disette chez les campagnards. Lors d’un des transports, une pierre s’éleva sur notre route et nous fit basculer, nous et notre chargement. Inutile de dire que cette maladresse nous attira les foudres des gardes. Ils abandonnèrent le fouet, nous saisissant tout deux les cheveux pour nous plonger tête première en ce fumier que nous échappâmes. Je me débattis, je résistai comme je le pus, regardant avec horreur cette masse brune et malodorante qui accueillit mon visage, mais nulle excuse ne parvint à convaincre ses sadiques de nous faire preuve d’indulgence. Finalement, ils nous laissèrent dans cet habituel bain d’injures qui émanait aussitôt que tout garde ouvrait la bouche avant de repartir au loin punir les autres maladresses des forçats peinant au fond du lot. Moi et mon partenaire essuyâmes nos visages salis en poursuivant cette méprisable et humiliante corvée, maudissant ces maîtres en cultivant une haine sans borne face à ces gardes qui se complaisaient dans la souffrance des misérables. Cet ennui mortel se perpétua jusqu’à ce qu’un son de cloche annonce la fin de cette épuisante journée.

Exténués, nous nous rendîmes à notre dortoir. Moi et mon frère de misère fîmes détour par un petit ruisseau pour purifier nos visages qui furent si méchamment souillés. Après ce bref bain, nous pénétrâmes dans notre demeure collective. Adieu l'intimité ! Nous devions tous dormir dans une énorme chambrée malpropre où mouches et rats eurent élu domicile depuis si longtemps. C’en était assez ! Je me levai durant la nuit avec un seul et unique but : quitter ce lieu maudit et partir sans jamais regarder derrière. Les tâches de la journée me vidèrent de mon énergie et je m’étendis quelques moments sur ce lit miteux, histoire de donner repos à mes courbatures. Cependant, il me restait une réserve finale de forces pour mon invasion. Il ne faut jamais sous-estimer la volonté des malheureux, la rage qui peut couler en leurs vaines sait les animer d’une vigueur que nul élixir ne pourra jamais prodiguer.

Alors que tous somnolaient bruyamment, je tâtai le mur et le longeai, aveuglé par les ténèbres de la nuit. Évidemment, des gardes surveillaient l'unique porte de sortie, histoire de compliquer la chose. Non, je ne tentai pas de sortir par cette issue, je connus de trop mauvaises aventures avec elles. Je m’évadai plutôt par une ouverture tenant office de fenêtre, un large trou béant par lequel le vent s’infiltrait dans cette froide demeure pour congeler les dormeurs harassés. Rendu à l'extérieur, je réussis discrètement à empiler des bottes de foin et je formai une sorte d'escalier qui me permit de me glisser hors de ces murs. Je ne tentai toutefois pas de répéter l'expérience pour franchir les murailles externes de Celtaiy, celles-ci étant beaucoup trop hautes pour espérer les outrepasser d’un moyen aussi absurde. J'atterris sur le sol sans éveiller le moindre bruit, un nuage de poussières diffuses accompagnant mon retour sur terre. La lumière de la lune me guida dans ma démarche, dans les rues de Celtaiy qui s'offraient à moi. Je cheminai dans celles-ci durant quelques heures avant de retrouver mon ancien domicile au bout de ce labyrinthe de corridors obscurs et d’étroites ruelles. J'eus l'occasion de voler du feu en route, ce qui facilita mon cheminement vers mon logis de jadis. Finalement, j'arrivai devant la résidence de père. Comme la veille, j'entrai dans ma chambre par le bien de l'irrégulière surface des murs, m’y infiltrant tel un habile voleur.

Je regardai la pièce avec la nostalgie du rescapé des terres ravagées. J'observai les moindres recoins de cette pièce où je grandis en redécouvrant de nombreux souvenirs, heureux et malheureux. Cette chambre m'accueillait probablement pour la dernière fois avant mon départ vers l’inconnu. Malgré les durs labeurs de la journée, je n'avais point réellement sommeil. La trop grande dose d'émotions que j'eus éprouvée en cette date m'empêchait de fermer l’œil pour l'instant. J'en profitai alors pour lire les précieux parchemins que j'eus subtilisés à père quelques moments plus tôt. J'allumai ma chandelle et je tuai le feu qui m'eut guidé auparavant, cette éblouissante lumière qui risquait d’attirer attention. J'observai ensuite la presque noirceur de la chambre. Toujours j’eus été fasciné par cette absence d’éclairage, qu'elle soit totale ou partielle. La froideur nocturne contribua aussi à mon éveil, les nombreux frissons me traversant me permettant de garder l’œil ouvert et attentif aux splendeurs que l’œil diurne ne peut guère contempler. Assis sur ma chaise, je braquais mes yeux sur les étoiles qui éclairaient timidement ma fenêtre, voulant voltiger dans l’air frisquet pour toucher à ces feux célestes qui surent m’émerveiller depuis ma plus tendre enfance. En ces étoiles j’y voyais bienveillance, je trouvais en ces constellations ce regard d’outre monde qui veillait sur moi, peu importe où j’étais. S’agissait-il de mère qui jetait un oeil sur moi du haut de ce ciel qu’elle eut rejoint il y a des lustres ? Après cette abstraite méditation tentant de réconforter en vain mon esprit esseulé, je m’efforçai de déchiffrer ces documents que je volai à cet indigne qui facilita ma chute et écrits dans une langue mystérieuse et inconnue

Durant de ma tentative de lecture alors que je restais muet devant ces étrangetés pourtant familières, je ressentis quelque chose d'étrange. J'éprouvai le même sentiment que lorsque j’essayai de grimper au clocher de la cathédrale de Cilenne. Je m'arrêtai un instant pour constater le phénomène. Je sentis comme une présence discrète se projetant par de longues ombres solitaires confondues sillonnant les ténèbres nocturnes, voulant demeurer secrètes. Elle semblait chanter d'obscures élégies par de délicats murmures effacés, marquant le silence par de secrets échos poétiques enveloppés de mystère et d'incertitude, survolant la quiétude de la pièce. Le doute s'empara de moi. Était-ce un esprit qui m'observait ? Était-ce possible ? Je brisai alors l'harmonie de cet art silencieux en déclarant mes pensées à hautes voix, tentant d’y confirmer mon emprunt des voies du délire.

- « La folie s'est peut-être emparée de moi, mais je crois qu'un être nébuleux m'observe. Si tel est le cas, je veux qu’il se manifeste. Je veux connaître son existence. Je vous l'ordonne, si vous existez, apparaissez-moi! »

À mon grand étonnement, j'obtins réponse à mes ordres. J'entendis un léger soupir évanescent. À sa dissipation, un orbe de brillances brumeuses d'un bleu d'azur se forma au cœur de la pièce. Le halo bleuté se dispersa aux alentours pour laisser place à des lueurs violettes et roses d'où fusaient de puissants rayons de lumière jaunâtre. Le noyau de cette danse surnaturelle se transforma et prit des traits plus humains, progressivement. Il en émergea une fille aux longs cheveux noirs, rideau sombre abritant un noble visage, le temps n’ayant guère eu l’occasion d’en corrompre la beauté. Nulle forme disgracieuse ne vint en altérer les courbes, que la racine de ses rondes, mais discrètes, pommettes ainsi qu’une fine ligne gravant superficiellement en son épiderme les limites de son menton, mettant en valeur ses délicates lèvres d’un pâle rose s’harmonisant parfaitement aux couleurs de ces habits. Guère encore pris de cette audace capable d’aventurer mon regard dans le sien, le mien descendit, suivant le sentier de son cou, tombant sur ce sombre collier de pierres d’hématite se démarquant de la tendre blancheur satinée de sa peau. Je laissai ma vue dévaler son corps, cette robe violette et droite ne déviant qu’aux galbes de ses seins et de ses fesses pour finalement revoir le sol, cette longue tenue cachant jambes et pieds. Je remontai mon regard et croisais ses yeux, supportant ses minces et découpés sourcils au-dessus desquels s’incrustait une minuscule lignée de gemmes pourpres luisant sous la brillance que dégageait son regard. Ce regard … cet indescriptible et troublant regard … ses yeux d’un bleu si pur, si intense qu’ils semblaient absorber l’essence de l’homme qui osa les admirer, plongeant en nos abîmes pour appeler nos sentiments contemplatifs et faire monter en nous l’envie, celle de s’abandonner à ses fins bras blancs dont une faible mollesse en masquait la maigreur, ces menus bras autour desquels s’entortillait une écharpe dans les tons de lilas, de rose, de violet et d'aigue-marine, ces couleurs se mariant et se chamaillant dans de brumeuses luttes créant des motifs d'une rare beauté. Ces yeux, si perçants, si ardents, dévoraient ma pensée, lumières lui permettant de lire dans la profondeur des miens. Ébahis, sous le joug, je ne pouvais m’en détourner… Elle me regarda silencieusement pendant un court moment. J'étais à la fois effrayé, fasciné et surpris. Ces émotions se bousculaient entre mes deux oreilles et je fus alors incapable de placer un mot de plus. Ce mystérieux et élégant esprit amorça la conversation.

- « Tu voulais me voir, et bien me voilà !

- Qui êtes-vous ? Dis-je d'un ton incertain.

- Je voulais demeurer secrète plus longtemps, mais je me pliai à tes ordres et je me dévoilai. Je crois que le moment est idéal pour te révéler mon identité et toute la vérité me concernant, moi et mon peuple. Je m'appelle Heleyn... et je suis ta sœur.

- Quoi ? ... Comment ? Tu es ma sœur ? Prouve-le !

- D’accord, mais l’histoire se fait longue et complexe. Malgré mes traits humains, ces traits dont tu sembles ne pouvoir en dévier ton regard alléché… je ne suis point humaine. Les apparences sont souvent trompeuses comme le dit un vieil adage. Je suis une Élinsce. Le peuple d’Elinsc est un sombre et nébuleux peuple vivant dans les mystères obscurs de Celtaiy. Ton père tenta de procréer avec plusieurs femmes en usant de ses droits et il rencontra ma mère, ignorant cette nature étrangère se cachant derrière ses traits humains. Ils se revirent à quelques reprises et finalement, ma mère accoucha d’un petit homme après avoir porté en elle cette semence humaine. Mère eut plus d’une aventure et te voilà uni à moi par cet étroit lien de famille, m’étant frère d’un second lit. Vu que mère est élinscique et que ton père est humain, le sang élinscique coule tout de même en tes veines, dilué par la nature humaine de ton paternel. Tu es alors un « semi-Élinsce » et en voici la preuve.»
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Saulz
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Sam 3 Mar à 18:00

Elle leva sa main droite pour m'en montrer le dos. Un étrange symbole circulaire en émergea, se manifestant par une douce luminosité. Je vis alors que le même symbole apparut sur le dos de ma main droite sans que j’en comprenne l’origine. Je regardai ma sœur, hyperventillant mon étonnement et mon incompréhension. Elle reprit aussitôt la parole.

- « Ce sceau est caractéristique à tous les Élinsces, tu as maintenant la preuve de mes affirmations.

- Dis-moi en plus sur les Élinsces, je veux connaître mes origines ! Dis-je d'un ton impatient. Je veux savoir !

- Je ne sais guère si je vais de décevoir ou te ravir, mais le “Dieu” des humains est inexistant. Il est né de l'imagination des Élinsces et n’est rien d’autre qu’une immonde supercherie. Les humains sont les seuls à croire autre chose que l'existence des vrais dieux. En vérité, l'histoire de notre monde est assez tragique, et son destin l'est tout autant. »

Soudain, les murs de la pièce prirent un autre aspect. Ceux-ci se recouvrirent peints de pâles paysages incertains, des images reflétant cette nature hors de Celtaiy que jamais je n’eus la chance d’entrevoir. Je regardai ces tableaux fasciné alors que ma sœur enchaîna avec un discours troublant de par ses réponses à plusieurs questions que je n'osai point encore poser.

- « Il existe plusieurs dieux, chacun étant maître d'un élément, d'un aspect de la vie ou de la nature en ce bas monde. Ceux-ci décidèrent de créer un univers en collaboration, chacun y ajoutant sa touche personnelle pour aboutir à ce splendide monde qu’est le nôtre. Les dieux admirèrent leur création jusqu'à ce que Dreyvorth, ténébreux dieu de la mort et du chaos, ignoble manipulateur avide de pouvoir, pose la question suprême : qui allait être le maître incontestable de l'objet de leurs travaux ? Presque tous les dieux affirmèrent que leur participation était la plus importante et digne de leur valoir ce titre. Ces dieux se cloîtrèrent dans leur entêtement et ne purent admettre qu'ils avaient tous participé à parts égales à la mise en oeuvre de notre monde. Dreyvorth lança alors la solution au problème qu'il venait de soulever, tirant avantage de la discorde qu’il venait d’ériger :

- « Pourquoi ne pas lancer un défi aux races que nous créâmes ? Le Dieu maître du dernier peuple vivant en ces terres sera le maître de ce monde ! Il aura prouvé sa force et sa suprématie !»

Malheureusement, les autres dieux et déesses acceptèrent aveuglément sa proposition. À cette date, les peuples eurent amplement le temps de se connaître et parfois de se mélanger. Dans chaque peuple, il eut alors un élu, décrétant cette guerre divine et marquant du même coup l'histoire de l'an zéro. La guerre commença alors à faire rage en ce monde, selon la volonté des dieux. Cependant, un peuple bâtard ignorant ses véritables origines errait ici bas, méconnaissant en plus l'enjeu divin. Le peuple d'Elinsc en profita alors pour l'exploiter, pour tirer avantage de sa multiplication épidémique. Tu as pu deviner qui sont ces vulgaires de sang-mêlé dont je fais allusion, je parle ici des humains. Pourquoi ne pas envoyer ces naïfs au combat ? C'est alors que, en l'an 50, les Élinsces inventèrent votre Dieu et votre système social, y implantant leur sournoise domination. La religion humaine n'est rien d’autre qu'un moyen dont les Élinsces abusent pour les contrôler et ainsi faire triompher Elinsc, déesse du savoir, de la magie et du mystère. Voilà bientôt 400 ans que notre contrôle sur votre race nous rapporte profit. Les chevaliers, étant parmi les meilleurs combattants, permettent pleinement la progression de notre cause depuis des décennies. Les Élinsces restent alors discrets dans cette cité de Celtaiy, pour étouffer cette vérité. »

Avant même que je n'eusse le temps de lui poser cette ultime question, elle poursuivit avec la réponse.

- « Tu dois te demander pourquoi je gardai un oeil sur toi. Simple. Lorsque ma mère m'informa de ton existence, je me suis mis à t'observer, de ta tendre enfance à aujourd'hui. Je flottai toujours près de toi, me fondant avec la lumière du jour ou dans les ténèbres de la nuit. Je remarquai rapidement ton désir d'être chevalier et de quitter Celtaiy. Tu n'es pas doté d'une force prodigieuse et père ne t'encourageait point. J'ai vu, tu as échoué ton combat... mais tu peux aisément quitter Celtaiy s’il t’en dit ! Maintenant que la marque d'Elinsc a éclos sur ta main, les Élinsces te laisseront sans trouble sortir de la cité. Si tu cherches à le savoir, ce sont eux qui t'empêchèrent de voir ce qui se cachait hors des murailles de la ville et c'est grâce à moi si tu t'éveillas dans ta chambre le lendemain de ton aventure, voulant t’éviter la punition liée à tes actes. Vas maintenant dans la nature si bon te semble ! »

Alors qu'elle s'apprêtait à se volatiliser, elle me donna quelques précieux conseils et une intéressante révélation.

- « Ha oui, comme tout Élinsce, tu es doté d'un pouvoir de polymorphisme. Les Élinsces peuvent sans trouble passer d'une forme à l'autre. Cependant, vu que ton sang élinscique fut dilué par la bassesse humaine, tu dois savoir que cette capacité t'est plus difficile. Tu pourras changer de forme si tu en as l'envie, mais le processus te prendra quelques mois au lieu de quelques secondes et tu dois voir l'objet de tes désirs de transformation pendant cette période, te concentrer pleinement sur cette métamorphose. Par exemple, si tu désires avoir l'apparence d'un elfe, tu devras observer ces habitants des forêts à tous les jours jusqu'à ce que ta mutation soit complète. Si jamais tu le veux, tu pourras exploiter tes petits pouvoirs magiques et reprendre contact avec moi par cette bénédiction qu’est la télépathie. »

Elle me tourna le dos et se volatilisa dans l'air ambiant. Incroyable, j'avais une sœur ! Jamais je n'aurais cru un jour courir cette chance. Cependant, ces paroles porteuses de ces secrètes vérités réussirent à me troubler, à remettre en doute les singulières certitudes que j’eus acquis à ce jour. Je me démenai tant pour me faire nommé chevalier, devenir un défenseur de la foi et du Divin et de maintenant savoir que ce Sauveur auquel je me serais dévoué corps et âme n’était rien d’autre qu’une atroce supercherie exploitant la naïveté des plus valeureux m’abattait. Cet unique phare ayant guidé mes pas venait de s’éteindre, j’ignorais en quoi où à qui consacrer ma vie. Si seulement ses nobles guerriers auraient su cette triste réalité, que ces efforts acharnés qu’ils livraient jusqu’à leur mort ne servaient qu’à satisfaire les envies d’un peuple les manipulant avec aisance depuis si longtemps… qu’adviendrait-il de leurs honneurs. Certes, peu importe à qui ces dévoués portaient réellement allégeance, ils méritaient encore ce respect sans borne avec lequel je les regardais. Même si je connaissais avec regrets les arrières de la scène de cette tragédie épique qu’était la vie des chevaliers, cela ne me dissuada guère de mes désirs de toujours. Ces hommes de guerre baignaient dans l’éternelle gloire et je voulais malgré tout en faire partie, délecter cette gloire et cette reconnaissance que la bravoure et le courage des preux pouvaient leur rapporter. Ma destinée venait de prendre un nouveau tournant auquel jamais je n’osai rêver. La liberté me tendait les bras ; Celtaiy ne me retiendrait plus. Cette marque lumineuse assurait le succès de mes plans d'évasion, garante de cette liberté que l’on m’interdit pendant si longtemps. Il ne me restait plus qu'à sortir de cette cité maudite comme si de rien n'était, savourant la vie sans ces chaînes de servitude et de soumissions qui me tenaillaient depuis ma naissance. Si je ne pus joindre les rangs militaire de cette patrie, peut-être qu’en d’autres terres j’y trouverais les racines de ce rêve inassouvi.

Cependant, devais-je croire aveuglément cet esprit ? Est-ce que ces affirmations reflétaient la réalité ? Je revis le clocher de la cathédrale de Cilenne et sans hésiter, je m'y rendis. Si elle affirmait que les Élinsces en bloquaient l'accès et que ma marque prouvait mon appartenance à ce nébuleux peuple, la vue du haut de ces lieux pourrait enfin se dévoiler à moi. Au diable ces parchemins, j'eus mieux à faire. Je sortis de chez moi en repliant ce papyrus et j’entrai aussitôt dans le temple de ce Dieu dont on contestait maintenant l’existence. Je retrouvai donc mon adversaire invaincu : la porte, cette même stupide porte qui me brisa les jointures et le moral. Au moment où je mis ma main sur sa poignée, l'étrange dessin de lumière refit son apparition sur son dos. J'entendis alors un curieux son et la porte s'ouvrit presque d’elle-même. Le bonheur me transcendait, l'ouverture de cette barrière aux inaccessibles vérités ne faisait que corroborer les paroles de la sage et encourager ces espoirs que je fondis en ces nouvelles possibilités. L'existence de ma sœur et la véracité de ses dires se confirmèrent dans mon esprit et j'en chassai toutes traces de doute, mes suspicions disparurent sans laisser le moindre soupçon. Une échelle apparut dans mon champ de vision et je la grimpai avec empressement, sautant quelques barreaux lors de l’ascension pour parvenir plus rapidement à ce savoir que je ne pus guère encore savourer. Je fus ébloui par ce que je découvris à l’extrémité. Je pus finalement voir ce qui se cachait derrière les insurmontables murailles de la ville, ces tableaux prohibés à l’œil du vulgaire humain. Pour la première fois de ma vie, mes yeux goûtèrent à la splendeur de la nature, à son infinité se dressant sous l’horizon. Même si les ténèbres gênait grandement la révélation du paysage, la lueur de la lune me permit de constater l'aspect des montagnes, de la forêt. J'observai la beauté du reflet de la reine de la nuit sur la surface calme et vierge d'un lac au loin, éclairant un peu les environs. La nature eut la gentillesse de me révéler ses charmes et je lui en étais très reconnaissant. Je remarquai aussi d'autres petits cercles de lumière voltigeant ici et là dans la cité. Je vis pour la première fois les Élinsces. Mes yeux m'informèrent de choses inconnues que même mon imagination ne pouvait se permettre de penser. Ces êtres mystérieux survolaient rapidement les lieux, glissant sur la douceur de la brise nocturne tel des étoiles filantes dévalant le ciel. Ils semblaient s'affairer à d'importantes tâches, telles que la gestion du destin des hommes. Cruelle pouvait être l’ignorance, m’ayant privé si longtemps d’une dimension fantastique qui en ce jour annonçait cet heureux détour qu’allait emprunter mon existence.

Par le spectacle qui se déroulait devant mes yeux, je réfléchis au sort de l'humanité dans cette nouvelle réalité divine. En ce moment, une partie des paroles de père prit une once de sens. Je désirais encore combattre, mais plus comme un guerrier de la foi. Heleyn l'affirma clairement : cette religion créée de toutes pièces n'était qu'une supercherie pour faire triompher Elinsc au prix de la mort de ces naïfs humains. Mon esprit rêveur persistait à me supplier de joindre ces rangs élitistes d’honorables combattants alors que mon esprit de pauvre désabusé vengeur porteur d’une secrète vérité regardait avec une ombre de mépris cette carrière et cette dévotion à un être inexistant. Père avait raison, pourquoi voulais-je devenir chevalier ? Ce n’était guère la défense de la parole divine qui m’incitait à participer aux croisades, mais plutôt les honneurs et le respect que la profession rapportait. Je pourrais bien connaître pareille gloire en autres terres ! Le monde était si vaste … Néanmoins, je me marrais de la pensée de mon paternel. Le Dieu dont il vantait tant les mérites et les vertus n'était que le fruit de l'imaginaire élinscique. Il répétait sans cesse que la meilleure position dans toute société était celle où il était possible de gouverner d'innocentes âmes en pensant pour eux et en lui imposant nue quelconque volonté. Il se croyait au-dessus de tout alors qu'il était lui-même asservi par d'autres. Je n’allais point lui dire cette vérité, je préférais le laisser se noyer dans ces eaux troubles qu'il énonça toute sa vie. Il m’eut si longtemps torturé lorsque que je fus sous son égide que je prenais plaisir à l’abandonner dans cette ignorance immonde qui le confortait dans ses illusions.

Le vent frisquet de l'altitude me rappela que le sommeil était chose nécessaire pour entreprendre une nouvelle vie. Malgré tout, mes paupières commencèrent à se faire lourdes. Je retournai alors dans la tiédeur de mes draps, m'adonnant à d'importantes analyses sur ma destinée. Où irais-je en quittant Celtaiy ? Que ferais-je ? Après mûres réflexions, j’en conclu que la plus profitable des options consistait à m'infiltrer dans les divers peuples du monde en utilisant mes nouveaux pouvoirs et guerroyer l’ennemis sous différents angles. Je voulais connaître cette mythologie, ces dieux, ainsi que leurs créations. Je voulais combattre et goûter à la gloire ! Même si j'eus échoué l'ultime épreuve, cette ardente passion pour la guerre brûlait encore en moi, attisée par la vengeance, la colère et la tristesse de l'amère défaite. Si je ne pouvais me battre aux côtés de mes pairs, je pouvais livrer bataille aux côtés d'un autre peuple, j'en étais convaincu. Cependant, j'ignorais les dangers que comportait la nature ainsi que la culture de ces êtres inconnus. Pour connaître le monde, je me devais de rester en vie et d'être armé non seulement de cet équipement qui me permettrait de finalement pratiquer cette carrière qui me fascinait tant, mais aussi de prudence et de vigilance. Le lendemain dès l'aube, je quitterais Celtaiy bien préparé, je trouverais le nécessaire pour ma quête personnelle. Mes questions et pensées se terminèrent brusquement, enterrés de mon probable ronflement alors que je m’envolai dans mes rêves, ces palliatifs à une trop cruelle réalité.
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Angel
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Sam 3 Mar à 18:44

J'adore. Tout simplement....J'adore ta façon d'écrire et de décrire les choses. C'est concret. On est totalement absorbés par tes paroles (si je peux m'exprimer ainsi....).
Bon voilà encore quelques petites corrections.... que des erreurs d'innatention ou de frappe.... Wink
Même réflexion qu'a Azariah, je tiens à avoir mon exemplaire dédicacé dès que ce sera fini..... Wink ^^

Citation :
Je ne sais guère si je vais de décevoir ou te ravir,

"Si je vais te décevoir..."

Citation :
Tu dois te demander pourquoi je gardai un oeil sur toi. Simple. Lorsque ma mère m'informa de ton existence, je me suis mis à t'observer, de ta tendre enfance à aujourd'hui.

"...je me suis mise..."

Citation :
tu devras observer ces habitants des forêts à tous les jours jusqu'à ce que ta mutation soit complète.

"...des forêts tous les jours..."

Citation :
qu’adviendrait-il de leurs honneurs.

"...de leurs honneurs ?"

Citation :
et en lui imposant nue quelconque volonté

une.....
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SR
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Sam 3 Mar à 21:18

Magnifique. Bien loin de ce à quoi je m'attendais, mais bien meilleur. L'intervention de mythes et d'autres peuples, c'est le pied! J'adore ce genre d'histoire!
Quelques petites fautes cependant, comme des erreurs de temps (va falloir remédier à cela... Razz) ou l'expression "moi et ..." : on dit plus poliment "mon frère et moi" (il y en a un autre mais je l'ai perdu... de toutes facons je corrigerai en détail lorsque j'aurai fini avec les parties précédentes).
Plus ton roman se dévoile, plus il donne envie de le lire dans son intégrité! Vraiment. Que du bon.


A Azariah : Pour l'impression, je parlais du chapitre que Saulz vient de poster... En fait c'était juste histoire de caser quelque part le "conseil" que tu m'avais donné. lol
Mon pseudo? Que vient-il faire là? C'est bizarre, il me semblait pourtant que tu n'étais pas encore envahi par des "orang-outans" quand tu as écrit ton post... Ah pardon. J'allais oublier que la radioactivité, ca fait des dégâts TireLaLangue
Bon allez on va être sympas quand même, on va arrêter de pourrir le joli roman de Saulz, qui s'est bien cassé la tête... => Réglage de comptes en MP boogie1 (ou dans la taverne, pour que tout le monde en profite, et que ce soit plus spectaculaire)
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Saulz
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MessageSujet: Re: Extraits de mon roman, critiques et impressions demandées   Lun 12 Mar à 14:56

Jamais je ne vous remercirez assez pour me lire, me critiquer et commenter Mr.Red Vos paroles m'aident énormément et je les apprécie grandement. Plus les cahpitres avancent, plus ils gagnent en longueur... je n'ai guère d'autre choix que d'en couper certianes passages. Certes, bonne lecture ! study

Chapitre 5
Renaissance épique

Le soleil se pointa à l'horizon, conservant son éternelle ponctualité. La frénésie de ma nouvelle vie m'empêcha de dormir longuement. Toute cette lumière me rappela les scènes de la nuit dernière. Je regardai le dos de mes mains, chacune marquée d'un symbole. Sur ma main gauche était imprimée la douloureuse trace du cauchemar de mon ultime échec passé alors que la droite portait un emblème significatif du rêve de mes succès futurs. Comme le destin pouvait emprunter des routes inattendues ! La révélation d'Heleyn me donna un nouveau souffle et aussi la possibilité cette carrière épique que toujours je voulus.

Je m’échappai par la fenêtre de ma chambre, comme j'en pris l'habitude en ces derniers jours de captivité, et je parcourus les rues en cherchant à quitter Celtaiy le plus rapidement possible. Un tracas assombrit mes inspirations : tout bon chevalier ou combattant se doit de porter une armure digne sa personne ainsi que les armes appropriées. Où allais-je dénicher de tels articles ? J'avais planifié acheter quelques vivres au marché, mais encore devais-je trouver monnaie à cette fin. Je sortis de sous mon lit un grand sac solidement tissé conçu pour les expéditions des prestigieux explorateurs et il devint mon allié pour mon perpétuel voyage futur. Alors que je déambulai aléatoirement dans le quartier, cherchant toujours la sortie, je passai devant la demeure de Seirk. Depuis le combat, je ne lui avais point reparlé et je n'en éprouvais point l'envie. Sale faux frère, comment avais-tu pu m’abandonner au moment où mes rêves s’écroulaient ? Comment avais-tu osé délaisser un ami dans ses temps de grandes souffrances et d’inconsolable peine ? Après ma défaite, ses seules paroles furent : « Ce n'est pas tous les apprentis qui sont forts et doués ! » Je lui aurais fait avaler cette phrase! Elle fut bien le dernier clou que l’on martela pour conclure ma pitoyable crucifixion publique, cette accablante honte qui ne me donna qu’envie de me fondre en d’autres univers et vivre caché. Après mon échec, j'avais besoin de réconfort et non pas de ces mots pour démontrer sa supériorité... néanmoins physique. Le succès le corrompit, son orgueil se gonfla pour atteindre des proportions aussi titanesques que mon adversaire lors de ce même combat. Le peu d’humilité qu’il eut possédé s’envola dès les premières ovations de la foule, il me regardait avec dédain et mépris aussitôt qu’il fut sacré chevalier. Son simple nom résonnait en moi telle une ignoble traîtrise ayant persécuté une amitié de longue date. Cette hautaine et détestable arrogance entretint ma colère et si ce perfide avait le malheur de se pointer sur mon chemin, il allait goûter à l’intensité de la rage des hommes aux rêves damnés.

Je m'arrêtai et regardai par la fenêtre de sa maison digne d'un palais. Je vis l'équipement de chevalier qu'il reçut après sa victoire étalé sur une table. De par cette seule vision, la jalousie commença à me gagner davantage. Non seulement il remporta les honneurs, mais en plus, pour ajouter l’insulte à l’injure, il possédait cet armement que depuis toujours je voulais revêtir, cet arsenal à hauteur d’homme. Alors que je faisais ce lèche-vitrine, la porte grinçante laissa paraître la domestique de la maison, sortant avec un panier sous le bras dans le but probable de revenir avec ce même contenant gorgé de nourriture de haute gastronomie provenant du marché. Me voyant, elle m'avertit :

-« Bonjour Errythos ! Si tu cherches Seirk, il est dans l'étable derrière en train de brosser son cheval. Il soigne et lustre le poil de sa monture depuis l’aube, il va avoir fière allure sur le champ de bataille, je crois. Ta présence ne pourra qu’amplifier ce bonheur qu’il connaît depuis quelques jours. Va le voir, il appréciera !

-... »

Je me contentai de lui afficher un sourire forcé pour poursuivre avec une sarcastique grimace aussitôt qu’elle me tourna le dos. J'observai la domestique quelques instants. Peu de temps après, elle emprunta la première voie menant au lieu de troc pour disparaître au travers des maisonnées. J'espionnai Seirk dans l'étroite grange, brossant effectivement sa monture avec une ridicule attention. Une idée me traversa par la tête. Le simple fait d'avoir songé à cette pensée me remplit de joie et je me devais de la mettre à exécution.

Je ne pouvais demeurer en ces lieux sans profiter de ces absences. Je poussai discrètement la porte et je m’infiltrai dans la demeure en y observant les détails de cet équipement qui ne put être mien. [...]
J’entendis un claquement de porte provenant du fond de la pièce voisine. À peine eus-je le temps de l’ouïr que je vis Seirk arriver, son sourire arrogant encore accroché au visage. Il fut surpris de ma présence et m’interpella, sa réaction perceptible en ses yeux de fier faux frère :

- « Errythos, mais qu’est-ce que tu … »

Il n’eut point le temps de terminer sa phrase que j’usai de son épée, la maniant maladroitement, comme je le pouvais, pour la rabattre sur le côté de son bras droit. En cet instant, il comprit. Saisi de stupeur, il se crispa sous la douleur de la coupure. Alors qu’il se perdait encore dans la surprise, je repris le lourd glaive et lui donnai un autre coup manquant de force qui lui entailla la jambe gauche. Affligé par les lancinations, se penchant pour éponger le sang de sa plaie, je profitai de ses inattentions, je poursuivis la vengeance et la colère en le frappant d’un violent coup de poing de droite au visage, juste au-dessous de l’œil, pour conclure avec une malhonnête et traître jambette qui le mit au plancher. En guise de salutations, je le flanquai une raclée de mes pieds au ventre et au torse, lui coupant le souffle tout en amplifiant ses afflictions, le laissant là, au sol, replié sur lui-même, paralysé de douleur face à l’insoupçonnable force de ma traîtrise. Le voyant gisant sur le plancher, incapable de se défendre davantage, je dérobai toutes les pièces d’équipement s’étalant sur la table, les plongeant avec empressement dans mon large sac en mettant main sur quelques deniers au passage et y plaçant en dernier lieu l’inestimable épée. Avant de partir, alors que mon regard croisa les reflets lumineux provenant de la surface polie exposée au-dessus du foyer, j’en profitai pour voler ce magnifique bouclier que son père chérissait comme tout. Je mis pied alors pour quitter, mais je ne pus m’en empêcher, je donnai un dernier et violent coup de pied à ce supposé ami qui me regarda de haut, un coup qui lui blessa fortement le dos à en juger par ce petit souffle de douleur expulsée entre ses dents resserrées. Je m’éloignai de lui en lançant « Que ça te serve de leçon sale vantard » pour ensuite prendre le large à pas de course dans les méandres de la cité.

Je me cachai des regards indiscrets en empruntant ces tortueuses ruelles où personne ne passait. Alors que mon pas accéléré résonnait sur la pierre du pavé, je lâchai de petits rires malsains. Quel bonheur que de briser son rêve ! Quelle joie que de se délecter finalement de cette douce et somptueuse vengeance ! Jamais je n'éprouvai le moindre remord, je me moquais royalement de ce sale traître qui ne vint guère à ma rescousse lorsque que je quémandais son appui et son support. S'il m'avait aidé et encouragé davantage au lieu de me regarder de haut avec son nouveau titre, peut-être que le contenu de mon sac serait encore étalé là où il gisait. Je ne pris aucune chance, je me mis à courir. Maintenant, ces articles que j'eus tant convoités tombèrent enfin en ma possession.

Je poursuivis ma route, croisant le marché. Je m'y arrêtai pour acheter les provisions nécessaires à mon voyage avec l'argent malhonnêtement acquis. Je n'étais tout de même pas pour détrousser d'innocents marchands ! pensais-je ironiquement. Pendant que je négociais nerveusement avec un commerçant dans la crainte de voir Seirk retentir, je profitai de chaque inattention du vendeur pour glisser en mon butin quelques fruits et légumes. Mon sac se remplit de toutes choses indispensables à mon excursion, ces victuailles qui sauraient rassasier mon appétit alors que j’explorerais avec émerveillement la vaste étendue des plaines et des forêts. Je pourrais ainsi survivre pendant une lune et peut-être même davantage. Je devrais ensuite compter sur la chasse et la cueillette pour maintenir ma subsistance. Je n'avais toujours point décidé vers quels lieux j'orienterais mon odyssée… mais comment pouvais-je faire ? Je ne connaissais que faiblement la géographie locale !

Pour résoudre cette indécision, je me terrai dans un coin sombre et je contactai Heleyn après avoir serpenté les ruelles malpropres reliées au marché. Je tentai de l'appeler par des ordres, un peu comme la première fois par faute de connaissance de d'autres démarches. Mes premières paroles ne m’apportèrent rien, que cette sensation de discuter avec le néant et l’air ambiant. Le symbole de ma main droite s'éveilla à nouveau et ma sœur apparut aussitôt, de façon toute aussi spectrale qu’à notre première rencontre. La conversation débuta :


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