Le dernier Gothique Romantique

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 Mizan

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Gabriel
Par dela le bien et le mal


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MessageSujet: Re: Mizan   Lun 25 Aoû à 0:04

Merci anathème. C'est gentil tout plein cette fleur.



LE DEDAIN

Que fais-tu ma si pâle à cette heure tardive ?
Qui t’embrasse à l’instant? Qui te brise les reins?
Est-ce dont le remord à la sombre salive?
Non, plutôt le mépris, père de mes chagrins!

Dans quel sang marches tu, toi dont le pied si frêle
a su broyer mon corps lorsque tu me croisai
sans même m’accorder, fatale demoiselle,
ni l’espoir d’un serment, ni le froid d’un baiser ?

Un enfant passera lorsque toujours farouche
tu serra déjà vielle. Il rira de tes pleurs
et ses dents brilleront avec l’eau de ma bouche.
Morte le lendemain, tu souffriras mes fleurs.
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Mizan   Jeu 28 Aoû à 22:38

QUATRAINS DE CIRCONSTANCE

Dans la chambre ton corps aspire mon regard.
Sur tes courbes, lascifs, dansent les sélénites.
Jaloux de ce sabbat je meurs de te vouloir.
J’ai les sangs décuplés d’absolu. Tu m’excites.

***

Sois mienne. Je t’invite en cette heure conquise
toi dont la voix sans trêve enivre mon esprit.
Suis moi dans ce silence, en cette barque assise,
du fleuve d’un soupir vers l’océan d’un cri.

***

J’ai caché tes plaisirs dans l’écrin de mes doigts
au rebord de ma langue, en nos secrets endroits,
sous l’arbre de mon sexe, au coffre de ma voix.
Ose et vient réclamer l’amour que je te dois.

***

Ne tente pas de fuir lorsque sur toi je lâche
la meute de mes sens. Laisse-toi choir et saches
offrir ta gorge tendre à l’emprise du loup.
M’éloignant je prendrai tes jambes à mon cou.

***

Ta fierté mise à terre est d’autant plus hautaine
puisque je suis conquis lorsque tu te soumets.
Esclave de mes mains, de mon cœur souveraine,
de mon attachement tu jouis désormais.




...à suivre... calin1
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Mizan   Dim 14 Sep à 1:14

- BOIRE LE MONDE - (évolution d'une ancienne stance à la nuit)

Dans ce flacon, ce monde opaque de silence,
dans cette flasque ignoble entre tes doigts, ô nuit,
nous subsistons scellés dans notre pestilence,
suant notre misère au verre de l’ennui.

Que ne vous lassez vous phalanges glaciales
tant lourde est la chaleur que contre ses parois
nous jetons par nos fois, nos amours bestiales,
nos espoirs, et toujours subséquents désarrois?

Il faut que tout soit clos, qu’aux hommes rien n’arrive,
que les foudres qu’ils font dans ce broc de cristal,
que les coups dispersant leur guerre corrosive
ne puisse fissurer l’extrémité du mal.

Nuit, j’entends ton dégoût tant nous sommes infectes,
vieux vers luminescents dans la viscosité
du connu. Ce brouet, mécanique d’insectes,
verse le sur ta lèvre, Eve d’obscurité.

Si ton cœur peut souffrir pareille répugnance,
si le goût de nos morts a pour toi quelque attrait,
je te verse le vin de mon impatience
et t’implore ce soir de nous boire d’un trait.

J’ai préparé moi-même une égale fiole
contenant les vapeurs d’un poison violent.
Et bien malgré ma soif qui de ces flots s’affole
pour ce verre lever je te serai galant;

Amoureux, j’attendrai que ta voix m’y invite.
Et lorsque j’ôterai le clou de verre usé
le ciel s’entrouvrira d’une éclipse insolite.
je saurai que ma foi ne m’a pas abusé.

Je verrai l’univers aspiré dans ta bouche,
la carafe du temps répandue à jamais,
se vidant, ô ma nuit, tel un corps sur ma couche…
Tu étais mon ivresse; Et mon sang tu l’aimais.

Tous deux nous goûterons le funeste breuvage
ensemble finissant, amants grisés d’alcool,
toi te déshabillant d’un bien trop long veuvage
et moi laissant le drap de ma peau sur le sol.

Mais quoi ? Ma gorge brûle; Et ton geste se trouble.
Pourquoi me laisse-tu boire seul l’élixir?
Au moment de mourir, mon amour, je vois double;
Et je t’adore encor de te voir me trahir.
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Mizan

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